
Face à la 17ᵉ épidémie d’Ebola, portée par la souche Bundibugyo en Afrique centrale, la RDC, l’Ouganda, le Burundi et la Centrafrique annoncent une stratégie commune de gestion de la crise sanitaire grâce à un fonds commun. Ils considèrent les financements internationaux comme insuffisants et insignifiants pour faire face à une situation qui concerne avant tout l’Afrique.
Un gouffre financier et une urgence vitale
Sur 1,2 milliard de dollars promis par les bailleurs internationaux pour endiguer le virus, seuls 816 millions ont été réellement décaissés. Ce déficit chronique paralyse la surveillance transfrontalière, prive les hôpitaux de matériel de base et déclenche des grèves de soignants sur le terrain.
Derrière ce retard se cache une réalité géopolitique brutale : engluées dans les tensions au Moyen-Orient et obnubilées par l’industrie de l’armement, les grandes puissances détournent leurs capitaux. La santé africaine est reléguée au second plan.
Reprendre le contrôle: le cri d’alarme des dirigeants
Réunis pour exiger une transparence totale, les chefs d’État de la région (Félix Tshisekedi, Yoweri Museveni, Faustin-Archange Touadéra, Évariste Ndayishimiye) et l’Africa CDC tapent du poing sur la table.
Leurs exigences sont claires :
- Traçabilité stricte des fonds pour éliminer la gestion opaque.
- Nouvelle architecture : les pays dirigent, Africa CDC coordonne, les partenaires soutiennent.
- Le temps de l’autonomie stratégique
- Dépendre de la bonne volonté occidentale est désormais une impasse mortelle.
La véritable issue réside dans un sursaut politique continental:
- Investir massivement dans les laboratoires de microbiologie locaux.
- Bâtir une industrie pharmaceutique 100% africaine.
- Instaurer des lignes budgétaires nationales pérennes dédiées à la santé et à la recherche.
- Tant que l’Afrique n’autofinancera pas sa sécurité sanitaire, elle restera spectatrice de ses propres tragédies.