Le capitaine Ibrahim Traoré a présidé ce vendredi 2 octobre 2026 à Ouagadougou, la rentrée solennelle des cours et tribunaux pour l’année 2026-2027. Placé sous le thème de « l’apport des mécanismes traditionnels de règlement des différends », cette rentrée réduit l’application des droits modernes français au BUKINA FASO et met fin à l’hégémonie du modèle juridique occidental au profit d’une justice souveraine ancrée dans les réalités africaines.

La loi Faso Bu Kaoré : Arme de la décolonisation juridique
Pour le chef de l’État burkinabè, la justice moderne héritée de la colonisation a montré ses limites, se révélant souvent inaccessible, onéreuse et déconnectée des réalités locales, notamment en milieu rural.
La réponse de Ouagadougou est désormais institutionnelle. À travers l’adoption par l’Assemblée législative du Peuple de la loi Faso Bu Kaoré, le capitaine IBRAHIM TRAORE officialise et codifie le rôle des autorités traditionnelles et des personnes-ressources dans la résolution des litiges civils et communautaires.
« Nous ne pouvons pas importer une justice, l’appliquer telle quelle et espérer garantir la cohésion sociale », avait martelé le Capitaine Ibrahim Traoré lors de son adresse à la Nation le 31 décembre 2025. Un cap directoire qui prend vie en cette rentrée judiciaire.
Les trois piliers de la nouvelle justice burkinabè
- Proximité et gratuité : Faciliter un accès immédiat à la justice pour les populations rurales en éliminant les barrières bureaucratiques et financières.
- Légitimité culturelle : Utiliser les coutumes ancestrales comme socle de médiation pour que les décisions soient respectées et comprises de tous.
- Cohésion sociale durable : Privilégier la réconciliation et l’arbre de palabre plutôt que la confrontation punitive des tribunaux classiques.

Le droit comme nouvel outil de souveraineté
En présence des plus hauts magistrats du pays, cette audience solennelle a résonné comme un manifeste politique. Après la réappropriation militaire et économique, le Burkina Faso s’attaque désormais à la décolonisation des esprits et des lois. En remettant la tradition au centre de l’appareil étatique, le capitaine Ibrahim Traoré pose une nouvelle pierre dans l’édifice de la reconquête de la souveraineté nationale de l’Alliance des États du Sahel (AES).
