
Par la Rédaction
Ce lundi 15 juin 2026, l’hémicycle a vibré au rythme d’un grand moment d’histoire. Conformément à l’article 49 de la Constitution, le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguéma, s’est présenté devant les députés et sénateurs réunis en congrès. Pour son tout premier discours sur l’état de la Nation depuis le début de son septennat entamé le 3 mai 2025, le chef de l’État a livré une allocution-fleuve de deux heures et dix-huit minutes. Une intervention de combat, habitée par une force et une conviction profonde, visant à tracer les sillons d’un Gabon nouveau, maître de son destin et libéré des illusions du passé.
C’est devant une foule immense de parlementaires, de dignitaires et de citoyens suspendus à ses lèvres que le bâtisseur en chef a dressé le diagnostic sans concession d’un héritage lourd, avant d’opposer une fin de recevoir catégorique aux logiques d’asphyxie financière.
Le réquisitoire : Rompre définitivement avec la faillite héritée
L’entame du discours a sonné comme un instant de vérité historique. Revenant sur l’état du pays lors de son accession à la magistrature suprême en avril 2025, Brice Clotaire Oligui Nguéma a établi un « diagnostic difficile » de la gestion de son prédécesseur. Le tableau dépeint est celui d’un État en quasi-faillite : une dette abyssale, une économie en lambeaux, un chômage endémique de la jeunesse et un délabrement catastrophique des secteurs éducatif, sécuritaire et socio-sanitaire. Une dérive globale qui, pendant des années, a dévoyé l’identité nationale et la souveraineté même du pays.
Face à ce constat, le président a opposé le pragmatisme du Programme national de croissance et de développement (PNCD) pour la période 2027-2029, un plan ambiieux conçu pour redresser durablement les conditions de vie des Gabonais.
SOUVERAINETÉ : Le mot d’ordre face aux diktats de l’austérité
Alors qu’un programme avec le Fonds monétaire international (FMI) se dessine à l’horizon et que le passif de la dette pèse lourd, le chef de l’État a prononcé le mot choc que tout le peuple attendait pour faire barrage aux pressions extérieures : la SOUVERAINETÉ.
« Il n’y aura pas de plan d’austérité », a martelé avec force le chef de l’État.
Le Gabon refuse de sacrifier son social sur l’autel des thérapies de choc internationales. Pour Oligui Nguéma, l’emprunt ne sera plus un outil de dépendance, mais un levier exclusif pour financer le développement, générer de la croissance et créer de la richesse nationale. La preuve par les actes est déjà là : plus de 22 000 emplois créés pour les jeunes en trois ans (période de transition incluse), 1 067 véhicules de transport en commun déployés via Taxi Gab+, et l’expansion imminente du programme Gab Pêche vers Mayumba et Gamba.
L’action contre l’illusion : Place aux chantiers réels
Liquidant d’un trait de plume l’ère des promesses virtuelles, le Président a prononcé la phrase phare de son allocution, définissant l’identité de son mandat :
« Mon mandat ne sera pas celui des fausses promesses et des maquettes, mais plutôt celui de la responsabilité, de l’action et du bâti. Je ne suis pas un président des maquettes, des représentations visuelles ou des New York Forum Africa, non. Je suis un président bâtisseur et pragmatique. »
Le chef de l’État a énuméré les preuves matérielles de cette reconstruction en marche :
- la Cité de la démocratie,
- la Cité Émeraude,
- les projets structurants des ports de Kobé Kobé
- et de Mayumba, les logements sociaux de Bikélé,
- le rachat stratégique des sociétés pétrolières,
- la transformation locale des matières premières, ainsi que
- l’acquisition de centrales thermiques
- et la construction de barrages hydroélectriques.
S’agissant de la crise de l’eau et de l’électricité, le Président a joué la carte de la franchise patriotique : « Certains investissements réalisés ou en cours […] ne peuvent être achevés dans les 5 ans à venir. Donc un peu de patience ». Pour y remédier, il préconise une restructuration radicale de la SEEG, exigeant le dégraissage de ses effectifs et la séparation stricte de ses segments (eau, électricité, production, transport et commercialisation).
Mesures d’urgence pour le panier de la ménagère
Pour contrer immédiatement la vie chère, le chef de l’État a annoncé des injections massives de liquidités dans l’économie locale dès ce mardi :
Le versement de la 3e et dernière tranche des rappels de solde des fonctionnaires (35 milliards de FCFA).
Le paiement de la première tranche de remboursement des épargnants de la Poste Bank SA (10 milliards de FCFA).
Parallèlement, il a appelé ses compatriotes à s’investir massivement dans la production agricole locale pour briser la spéculation, tout en dénonçant la « supercherie » qui caractérise le fonctionnement actuel de la Centrale d’achat du Gabon. Le transport de ces denrées sera garanti par les multiples projets d’aménagement routier en cours à travers le pays.
Il a également exhorté la jeunesse à briser la frilosité entrepreneuriale en saisissant les opportunités de la Banque pour le commerce et l’entreprenariat du Gabon (BCEG), qui garde encore 17 milliards de FCFA disponibles et non distribués sur les 25 milliards libérés, faute de candidats.
Équilibre des pouvoirs et rempart des libertés
Dans un élan de maturité démocratique, Brice Clotaire Oligui Nguéma a demandé aux parlementaires d’exercer pleinement et librement leur rôle de contrôle sur l’exécutif, les invitant à exiger, si nécessaire, la démission de tout membre du gouvernement défaillant.
Enfin, balayant les accusations de restrictions politiques, le chef de l’État a conclu avec une fermeté sereine :
« La République gabonaise est une république en construction, fondée sur le pluralisme politique, la liberté d’expression et le respect des droits. Les partis politiques existent, s’expriment et participent aux élections. Les institutions fonctionnent, les citoyens s’expriment. Mon engagement est de garantir les libertés fondamentales.
Avec ce discours historique, le Gabon réaffirme sa souveraineté narrative et économique. L’heure n’est plus aux colloques mondains ni aux projets sur papier glacé, mais à la sueur, au béton et à la dignité retrouvée d’un peuple qui a désormais mille et une raisons d’espérer en des lendemains meilleurs.