
Après les épreuves traversées en 2024, le Mali refuse la résignation et réaffirme sa souveraineté. Le pays entend désormais s’affranchir de toute dépendance extérieure en matière de transport institutionnel. Les autorités ont ainsi officiellement présenté un nouvel avion de commandement destiné aux déplacements officiels : un Boeing 737 modernisé, acquis sur fonds propres pour un montant de 15,6 milliards de FCFA (environ 23,8 millions d’euros).
Une acquisition stratégique sur fonds propres
Cet achat envoie un signal fort. En finançant cet investissement majeur par ses propres ressources, le gouvernement malien démontre une résilience financière incontestable et répond à ses détracteurs. Face aux difficultés, Bamako confirme sa capacité à mobiliser le trésor national pour garantir l’indépendance de ses institutions et de ses dirigeants.
Un outil de pointe pour des liaisons intercontinentales
Visité conjointement par le ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances, le secrétaire général de la Présidence et le coordinateur du Groupement aérien, l’appareil se distingue par des caractéristiques techniques de premier plan :
- Autonomie : 11 500 kilomètres, soit près de 14 heures de vol sans escale.
- Performance : Vitesse moyenne de 950 km/h à une altitude de croisière de 41 000 pieds (12 300 mètres).
- Aménagement : Cabine entièrement réaménagée comprenant une cuisine, un espace de repos privatif et des installations haut de gamme pour les délégations gouvernementales.
- Modernisation : Avionique entièrement rénovée et cockpit doté d’équipements de dernière génération.
De l’attaque de 2024 à la renaissance
Ce nouvel appareil vient remplacer l’ancien avion présidentiel, irrémédiablement endommagé le 17 septembre 2024 lors de l’attaque menée contre l’aéroport militaire de Bamako une action revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda.
L’incendie d’un des réacteurs et les lourds dégâts structurels constatés par les experts avaient alors rendu toute réparation économiquement non viable. Contraint à des solutions de location ou d’emprunt depuis cet incident, l’État malien tourne définitivement la page avec cette acquisition de prestige.
Une gestion financière rigoureuse
Le coût net de cet investissement a été considérablement allégé grâce à une gestion proactive des finances publiques :
Une indemnisation de 6 milliards de FCFA a d’ores et déjà été versée au Trésor public par l’assurance de l’ancien appareil.
Des négociations sont en cours pour la revente des pièces détachées et accessoires de l’épave, évalués entre 3 et 4 milliards de FCFA.
À travers cette acquisition stratégique, le Mali se dote d’un outil de commandement de premier ordre et confirme, avec pragmatisme et fermeté, sa marche vers une totale autonomie opérationnelle.