
Le secrétaire d’État Marco Rubio a annoncé une offensive diplomatique majeure visant à isoler et à contester l’autorité de la Cour pénale internationale (CPI), affirmant que le tribunal constitue une menace directe pour la souveraineté des États-Unis.
Dans une tribune publiée lundi dans le Wall Street Journal, Marco Rubio a clarifié la position de l’administration Trump : les États-Unis vont désormais activement persuader leurs alliés de rejeter la compétence de la CPI. Selon le secrétaire d’État, la cour a outrepassé son mandat initial et cherche à s’imposer comme un tribunal mondial aux pouvoirs quasi illimités.
Une question de souveraineté nationale
L’argument central de M. Rubio repose sur le fait que les États-Unis n’ont jamais ratifié le Statut de Rome, le traité fondateur de la CPI. Il soutient que la cour tente de se placer au-dessus de la Constitution américaine et des tribunaux nationaux en revendiquant une juridiction sur les citoyens américains, notamment les militaires, les agents des forces de l’ordre et les élus.
« La CPI et ses alliés cherchent à créer un tribunal mondial permanent avec une portée quasi illimitée », a écrit Rubio. Il a rappelé que l’opposition à cette cour est une position bipartisan historique aux États-Unis, citant le refus de Bill Clinton de soumettre le traité au Sénat, ainsi que le vote par le Congrès de l’American Servicemembers’ Protection Act, autorisant le président à employer « tous les moyens nécessaires » pour empêcher la détention d’Américains par la CPI.
Le chef de la diplomatie américaine a souligné que l’enquête ouverte en 2020 par la CPI sur les allégations de crimes de guerre en Afghanistan prouve que le tribunal cible les Américains, alors même que les États-Unis disposent de leur propre système de justice militaire indépendant.
Une campagne à l’échelle du gouvernement
Selon des informations relayées par CNN, le département d’État pilote une stratégie globale pour isoler diplomatiquement l’institution basée à La Haye. Les responsables américains exhortent les pays partenaires à :
- Se retirer de la cour.
- Cesser tout soutien financier.
- Rejeter publiquement la juridiction de la CPI sur les officiels et militaires américains.
L’administration envisage également le recours à des outils de pression supplémentaires, tels que des sanctions, la révocation de visas et des restrictions de voyage contre le personnel de la CPI. Le gouvernement a par ailleurs averti que les nations bénéficiant de l’aide à la sécurité américaine pourraient faire l’objet d’un examen plus rigoureux si elles continuent de soutenir le tribunal.
« En utilisant tous les outils à la disposition de notre gouvernement, et en travaillant aux côtés de chaque allié avec lequel nous pouvons trouver un terrain d’entente, nous démantèlerons la CPI brique par brique, si nécessaire », a affirmé M. Rubio.
Cette offensive s’inscrit dans la continuité des actions menées par les administrations Trump, qui avaient déjà imposé des sanctions contre des responsables de la CPI en raison d’enquêtes visant les États-Unis et Israël. Pour Marco Rubio, la préservation de l’indépendance américaine est une priorité absolue : « Voici l’Amérique. Nos ancêtres ont mené une révolution contre une puissance étrangère qui nous « transportait outre-mer pour être jugés pour de prétendues infractions ». L’indépendance est notre droit de naissance. »