13 juillet 2026, 3:56 pm

SOUDAN : HEMEDTI CONDAMNÉ À MORT PAR CONTUMACE

Dans un geste judiciaire sans précédent depuis le début de la guerre civile en avril 2023, un tribunal de Port-Soudan a condamné à mort par contumace Mohamed Hamdan Daglo, alias « Hemedti », chef des Forces de soutien rapide (FSR). Une sentence symbolique autant que politique qui illustre la fracture totale entre les deux camps qui déchirent le pays.

Par la Rédaction

L’étau judiciaire se resserre, au moins formellement. Mohamed Hamdan Daglo, le puissant chef paramilitaire des FSR, a été reconnu coupable, avec 15 autres cadres de son mouvement, de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de génocide. Parmi les condamnés figurent également son frère et numéro deux, Abdelrahim Hamdan Daglo, ainsi que plusieurs figures influentes du Darfour-Ouest.

L’ombre du Darfour

Si le verdict prononcé à Port-Soudan bastion actuel de l’armée régulière porte sur des chefs d’accusation globaux, il est intrinsèquement lié au martyre d’El-Geneina. En juin 2023, l’assassinat du gouverneur du Darfour-Ouest, Khamis Abakar, quelques heures après qu’il eut dénoncé les exactions des FSR, avait provoqué une onde de choc internationale.
La Cour pénale internationale (CPI) estime que les violences systématiques orchestrées dans cette région ont causé la mort de près de 15 000 personnes, visant particulièrement la communauté Massalit. Un bilan humain effroyable que les FSR continuent de nier, rejetant en bloc les accusations de génocide.

Entre justice et diplomatie de combat

Ce verdict, bien que prononcé « par contumace », marque un tournant dans la stratégie de l’armée soudanaise, dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhane. En sollicitant l’appui d’Interpol pour obtenir l’arrestation et l’extradition des condamnés, Khartoum cherche à isoler diplomatiquement les FSR et à délégitimer définitivement leur leadership.
Le tribunal a d’ores et déjà transmis le dossier à la Cour suprême pour un examen complémentaire, confirmant la volonté des autorités de Port-Soudan de mener cette procédure jusqu’au bout, malgré l’impossibilité matérielle d’appliquer la peine capitale sur des chefs de guerre toujours à la tête de leurs troupes.

Une alliance devenue cauchemar

Cette condamnation souligne l’amertume d’un divorce sanglant. Il y a moins de cinq ans, en 2021, al-Burhane et Hemedti marchaient main dans la main, orchestrant ensemble le coup d’État qui a fait dérailler la transition démocratique du pays. Aujourd’hui, cette fraternité d’armes a laissé place à une guerre totale qui plonge le Soudan dans l’une des pires crises humanitaires du XXIe siècle.
Alors que les appels au cessez-le-feu se multiplient sans succès, cette sentence sonne comme une porte qui se referme définitivement sur toute perspective de dialogue entre les deux rivaux. Pour la population soudanaise, la quête de justice est lancée, mais le chemin vers la paix semble plus lointain que jamais.

Redige par: clement Djomangola

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