L’Afrique s’apprête à mettre fin à une anomalie économique historique. Longtemps contraint d’importer à prix d’or des carburants raffinés à l’étranger malgré ses immenses réserves de brut, le continent opère un virage stratégique majeur. À Lamu, au Kenya, le milliardaire Aliko Dangote vient de poser la première pierre d’une méga-raffinerie qui promet de redéfinir la souveraineté énergétique africaine.
« D’ici 2030, la majorité des pays africains seront autosuffisants en carburants ». C’est par cette déclaration ambitieuse qu’Aliko Dangote, l’homme le plus riche du continent, a lancé les travaux de ce complexe titanesque. Après le succès de sa raffinerie de Lagos au Nigeria, l’homme d’affaires passe à la vitesse supérieure en Afrique de l’Est.

Un investissement hors norme pour briser la dépendance
Évalué à 16 milliards de dollars, ce projet affiche une capacité de traitement de 700 000 barils par jour, ce qui le propulse devant toutes les raffineries du continent européen. L’objectif politique et économique est clair : stopper définitivement la dépendance de l’Afrique vis-à-vis des importations européennes et internationales. « L’Afrique cesse de quémander ce qu’elle possède déjà », résume l’esprit de ce chantier historique.

Signe de l’importance géopolitique de l’événement, la cérémonie de lancement a réuni un parterre de dirigeants de premier plan :
- William Ruto, président du Kenya (pays hôte) ;
- Yoweri Museveni, président de l’Ouganda ;
- Abiy Ahmed, Premier ministre de l’Éthiopie ;
- Romuald Wadagni, représentant le Bénin ;
- Jean-Lucien Savi de Tové, représentant le Togo ;
- Olusegun Obasanjo, ancien président du Nigeria, venu apporter sa stature diplomatique.

Un impact social et industriel immédiat
Au-delà de la production de carburant, le véritable trésor du projet réside dans son impact socio-économique. Le président kényan William Ruto a d’ores et déjà annoncé la création de près de 60 000 emplois.
Le site de Lamu ne sera pas une simple usine, mais le cœur d’un écosystème industriel intégré. Le complexe abritera des unités de pétrochimie, des usines de production d’engrais et de plastiques, ainsi qu’une centrale électrique dédiée de 1 000 mégawatts. À l’horizon 2030, ce giga-projet s’annonce comme le moteur d’une transformation industrielle sans précédent, capable d’améliorer concrètement le quotidien des populations africaines.