Ouagadougou, le 20 octobre 2026. C’est sous le sceau de la souveraineté retrouvée et de l’engagement patriotique absolu que se sont ouvertes, ce mardi, les activités commémoratives du 66e anniversaire des Forces armées nationales (FAN). Pour cette édition 2026, l’institution militaire a choisi de poser le débat de la participation citoyenne à l’effort de guerre à travers un thème central : « Forces armées nationales et réserve militaire pour une défense militaire de la Patrie ».
Le top départ des festivités a été donné par une conférence inaugurale de haut niveau, présidée par le ministre d’État, ministre de la Guerre et de la Défense patriotique, le général de division Célestin Simporé. Devant un parterre d’officiers, de sous-officiers, de militaires du rang et d’invités, les échanges ont mis en lumière le nouveau paradigme sécuritaire du pays des Hommes intègres.

L’institutionnalisation de la réserve militaire
Pour introduire les débats, le général Célestin Simporé a convoqué la mémoire collective en s’appuyant sur la célèbre formule du capitaine Thomas Sankara prononcée à la tribune de l’ONU en 1984 : « Seule la lutte libère ». Une manière de rappeler que face à la crise sécuritaire actuelle, la solution reste avant tout endogène.
Au cœur de cette stratégie : la réserve militaire, dont l’ossature légale a été adoptée par l’Assemblée législative de Transition le 26 mai dernier. Le ministre d’État a tenu à lever toute ambiguïté sur ce projet d’envergure. « Il ne s’agit pas de transformer chaque citoyen en soldat », a martelé le chef du département de la Défense. L’objectif est plutôt de « permettre à ceux qui remplissent les conditions requises et qui sont appelés à servir de le faire dans un cadre légal, organisé, discipliné et adapté aux exigences de la défense nationale ».
Cette réserve se veut un levier de dissuasion et de soutien opérationnel, visant à impliquer toutes les composantes de la nation pour garantir l’intégrité du territoire.
Deux semaines de communion entre l’armée et son peuple
Le colonel-major Souleymane Traoré, président du comité d’organisation, a salué le caractère singulier de cette 66e édition. Selon lui, cet anniversaire consacre l’union sacrée entre trois piliers majeurs : les FAN, les Volontaires pour la défense de la Patrie (VDP) et la population civile. Une synergie indispensable pour honorer la mémoire des devanciers et des martyrs tombés au front depuis la création de l’armée en 1960.
L’agenda des deux semaines de commémoration s’annonce particulièrement dense à Ouagadougou ainsi que dans les différentes régions militaires. Le programme prévoit un cross populaire, des compétitions sportives et culturelles, des panels de réflexion, ainsi que la traditionnelle prise d’armes. Ces festivités, qui s’étaleront jusqu’au 2 novembre prochain, seront également l’occasion de décerner des distinctions honorifiques aux soldats et civils s’étant illustrés par leur bravoure au service de la Nation.