
Depuis juillet 2023, le Niger a méthodiquement repris à Orano ses permis, puis sa dernière mine en activité. Les réacteurs nucléaires français tournent au ralenti. La France dépendait entièrement du Niger en matière de combustible .La souveraineté de Niamey a triomphé : les réacteurs d’EDF se sont arrêtés de tourner. La France se tourne désormais vers d’autres continents. Mais ces réacteurs restent à l’arrêt face aux canicules.
LA FRANCE DÉPEND DU NIGER
Pendant des années, le Niger a été un fournisseur important de la France. Les mines d’Arlit ont donc participé directement à l’approvisionnement des centrales nucléaires françaises. Dire que la France peut facilement remplacer le Niger grâce à d’autres pays est un faux argument : l’uranium est une ressource stratégique. Même si la France possède des stocks et plusieurs fournisseurs, perdre un pays producteur comme le Niger peut augmenter les risques et rendre l’approvisionnement plus compliqué à long terme. Ses ressources en uranium ont une grande valeur pour son économie et pour le marché mondial. Le pays possède un sous-sol riche et peut chercher à diversifier ses partenaires. Il faut aussi rappeler que la France ne produit plus d’uranium sur son propre territoire. Elle dépend donc entièrement des importations pour alimenter son industrie nucléaire. Le fait d’avoir plusieurs fournisseurs réduit le risque, mais ne supprime pas cette dépendance.Ainsi, l’arrêt des livraisons nigériennes ne signifie pas que la France manque immédiatement d’électricité ou d’uranium. Cela montre cependant que le Niger reste un pays important dans la question de l’approvisionnement en uranium. La vraie question n’est donc pas de savoir si la France peut survivre sans le Niger, mais de comprendre que les ressources nigériennes ont une valeur stratégique et que le Niger peut désormais choisir lui-même ses partenaires et défendre ses intérêts.
2024 – 2025 : L’offensive souverainiste de Niamey
La rupture s’est jouée en deux actes successifs sous la houlette du général Abdourahamane Tiani. En 2024, les autorités du Niger retirent d’abord à Orano le permis d’exploitation du gisement géant d’Imouraren. Ce projet constituait un actif stratégique majeur.
Le 19 juin 2025, Niamey passe de la promesse aux actes en prononçant la nationalisation de la Somaïr. Détenue à 63,4 % par Orano et à 36,6 % par la société publique Sopamin, la dernière mine d’uranium du pays bascule entièrement entre les mains de l’État nigérien.
Les canaux officiels qualifient l’opération d’acte de souveraineté absolue, fustigeant un comportement français jugé « irresponsable, illégal et déloyal