Le président Umaro Sissoco Embaló a officiellement annoncé sa candidature à la prochaine élection présidentielle en Guinée-Bissau. C’est depuis le Maroc que le chef de l’État sortant a choisi de rendre publique sa décision de briguer un nouveau mandat.
Cette annonce intervient après la mise en place d’un nouveau cadre institutionnel et constitutionnel par le président de la transition le général Horta Inta-A Na Man . Selon les autorités, ces réformes visent à pacifier le jeu politique et à garantir les conditions nécessaires pour permettre la participation de l’ensemble des acteurs politiques au processus électoral
Dans le pays ,les médias locaux ont immédiatement placé cette candidature au cœur de l’actualité, ouvrant le débat sur les perspectives et les enjeux des échéances politiques à venir.
Rappel historique : De l’élection de 2019 à la rupture de 2025
Umaro Sissoco Embaló a été élu président de la République pour la première fois à l’issue du scrutin de décembre 2019. Candidat sous la bannière du Madem G15, il l’avait emporté au second tour face à Domingos Simões Pereira, le leader du parti historique PAIGC. Son investiture en février 2020 avait initialement fait l’objet de contestations devant la Cour suprême, ouvrant une période de fortes tensions politiques, avant que sa légitimité ne soit formellement reconnue sur le plan national et international.
Son mandat a été interrompu de manière abrupte le 26 novembre 2025, lorsqu’un coup d’État militaire l’a renversé. Ce putsch est survenu dans un contexte de crise profonde, à la veille de la publication des résultats provisoires des élections générales. À ce moment-là, le pays sortait d’un processus électoral très disputé où le pouvoir sortant et l’opposition revendiquaient simultanément la victoire. Contraint de quitter le pays après sa destitution par l’armée, Umaro Sissoco Embaló s’était établi en exil, principalement au Maroc.
Les raisons d’un retour et d’une nouvelle candidature
Aujourd’hui, l’ancien chef de l’État justifie sa démarche par une volonté de reprendre part au jeu démocratique sous l’égide de la transition actuelle. Sa nouvelle candidature s’appuie sur deux facteurs clés :
Un nouveau cadre constitutionnel : Le référendum du 30 août 2026 a validé le passage d’un régime semi-parlementaire à un régime présidentiel fort. Cette réforme constitutionnelle, qu’il avait lui-même défendue durant sa présidence, centralise et renforce considérablement les prérogatives du chef de l’État.
L’ouverture du processus électoral : Les autorités de transition ayant fixé la date de la présidentielle au 6 décembre 2026, le gouvernement de transition a rappelé que tout citoyen bissau-guinéen jouit du droit constitutionnel de se présenter.
Pour Umaro Sissoco Embaló, ce scrutin représente l’opportunité de solliciter à nouveau le suffrage de ses concitoyens sous une nouvelle architecture institutionnelle.