
Intervenant ce vendredi 14 août lors d’une conférence publique organisée à l’Université du KwaZulu-Natal en marge du 46e sommet de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), le président sud-africain Cyril Ramaphosa a qualifié la situation dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) de plus grave épreuve de la détermination collective régionale. Devant un parterre de représentants des États membres, il a souligné le contraste saisissant entre la richesse minière extraordinaire de ce territoire et l’ampleur des conflits qui le déchirent.
« Des millions de nos compatriotes africains ont été déplacés. Un pays d’une richesse minière extraordinaire est devenu un lieu de conflit et de souffrance. Des soldats de notre communauté ont été déployés pour appuyer les efforts visant à instaurer la paix et la stabilité. Ils ont servi avec courage et dévouement. Certains ne sont jamais revenus », a déclaré le chef de l’État sud-africain, tout en rendant un vibrant hommage aux soldats tombés au front.
Traduire la Vision 2050 de la SADC en actes
Axant son allocution sur le thème « Traduire la Vision 2050 de la SADC en actions : voies vers la solidarité, l’égalité et la prospérité partagée », le président sud-africain a plaidé pour une libre circulation des citoyens au sein de la région, dans le respect des protocoles établis. Toutefois, il a insisté sur la nécessité de s’attaquer aux causes profondes de la migration forcée.
« Nous devons travailler ensemble pour lutter contre les conflits, l’instabilité, les défaillances de la gouvernance, la pauvreté et les dissensions sociales. Nous devons créer l’égalité des chances économiques et bâtir des institutions de gouvernance inclusives. Nous recherchons une région où les gens déménagent par choix, et non par désespoir », a martelé Cyril Ramaphosa.
Il a également rappelé qu’aucun développement économique n’est viable sans stabilité : « Rien de ce que nous souhaitons pour notre région n’est réalisable sans la paix. Les investissements ne se font pas sentir en zone de conflit. Un corridor économique ne peut se développer dans un territoire contesté. »
Un fossé persistant entre diplomatie et réalité sécuritaire
Malgré les Accords de Washington et le processus de Doha, les affrontements se poursuivent sur le terrain, illustrant l’inefficacité relative des multiples appels à la retenue lancés par les instances nationales, régionales et internationales.
Cette persistance des hostilités ravive les interrogations sur le décalage persistant entre les avancées des pourparlers diplomatiques et la tragique réalité sécuritaire vécue par les populations civiles. Réduire cet écart demeure l’impératif le plus urgent pour les médiateurs de la région.
Resumé
Cyril Ramaphosa se dit très préoccupé par la situation en RDC, qu’il a qualifiée de grave lors de la conférence de la SADC. Il a déclaré que les Africains doivent s’unir pour lutter contre ces conflits et privilégier une Afrique libre où tous les citoyens peuvent circuler librement.