
Le ministère de l’Intérieur de la République de Gambie a donné le coup d’envoi de la première phase de l’enregistrement public et de la délivrance des nouvelles cartes d’identité nationales biométriques. Destiné aux citoyens âgés de 18 ans et plus, ce vaste programme marque un tournant historique dans la souveraineté numérique et l’unification des données d’identification du pays.
Après une phase pilote menée avec succès dans la région du Grand Banjul depuis le 4 juillet, cette nouvelle étape d’enrôlement s’inscrit dans le cadre de la mise en place du Système national unifié d’identité, baptisé GAM ID. Ce projet d’envergure est le fruit d’un partenariat public-privé (PPP) conclu avec l’entreprise technologique ghanéenne Margins ID Group, à l’issue d’un processus de sélection rigoureux.
Le chef de l’État gambien, Adama Barrow, avait inauguré officiellement cette infrastructure de pointe le 30 juin dernier, s’imposant comme le tout premier citoyen du pays à recevoir sa nouvelle pièce d’identité après un enrôlement biométrique complet en direct. Il avait alors salué cette transition comme l’un des jalons les plus importants de la construction nationale, permettant enfin à la Gambie de s’affranchir de décennies de systèmes d’identification fragmentés et peu sécurisés.
Un sésame sécurisé conforme aux standards de la Cédéao
Au-delà de sa fonction d’identification intérieure, la nouvelle carte biométrique gambienne s’aligne pleinement sur les exigences de la Carte d’identité biométrique de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) connue sous l’acronyme ENBIC , adoptée par les chefs d’État de la sous-région en décembre 2014 pour stimuler l’intégration, la libre circulation des personnes et les échanges commerciaux. Pour rappel, le Sénégal avait ouvert la voie en devenant le premier État membre à émettre ce document régional en octobre 2016, suivi par plusieurs nations de la zone.
Grâce à des technologies de pointe en matière d’infrastructure à clé publique (PKI) et de stockage de données chiffrées, le nouveau document intègre les données faciales, iris et empreintes digitales du porteur, se transformant en un véritable outil multifonctionnel sécurisé.
Vers une généralisation progressive sur tout le territoire
Alors que les centres d’enrôlement tournent à plein régime dans la région de la capitale, le gouvernement a confirmé que l’extension de l’opération se poursuivra de manière progressive à l’ensemble du territoire national d’ici la fin du mois de septembre.
Insistant sur le caractère stratégique de cette réforme pour l’économie numérique et la sécurité civile, les autorités gambiennes ont exhorté l’ensemble des citoyens éligibles à se mobiliser massivement pour accomplir cette formalité administrative essentielle, saluant par la même occasion la coopération exemplaire de la population depuis le lancement des opérations.