C’est une réponse législative d’une fermeté absolue face à la criminalité grave. Les députés de l’Assemblée Populaire Nationale (APN) de l’Algérie ont officiellement adopté, ce jeudi 1er octobre 2026, la révision du Code pénal instaurant la peine capitale contre les auteurs de rapts de mineurs et d’incendies volontaires. Portée par le président Abdelmadjid Tebboune, cette réforme vise à envoyer un signal sans équivoque aux criminels et à mettre fin aux dérives qui ont endeuillé le pays.
L’adoption de ce texte par la chambre basse du Parlement marque un tournant majeur. Présentée initialement en Conseil des ministres au début du mois de septembre avant d’être officiellement soumise à la Commission juridique de l’APN le 23 septembre dernier, cette révision constitutionnelle est désormais actée. Le ministre de la Justice, Lotfi Boudjemaa, a souligné que face à la cruauté de certains crimes, la peine capitale s’imposait comme la seule « réponse juridique appropriée pour éradiquer ces fléaux ».

La fin de l’impunité pour les incendiaires et les ravisseurs
Cette loi vient directement répondre à une série de drames qui ont profondément secoué la société algérienne. Le volet sur les incendies criminels fait suite aux feux dévastateurs survenus entre le 26 et le 30 août dernier dans le nord-est du pays, notamment dans la région de la Kabylie, causant d’importantes pertes matérielles et la mort officielle de 12 personnes. Les autorités ont pointé du doigt des actes de sabotage pouvant relever du crime organisé ou de manipulations par des « parties étrangères ».
Le texte durcit également de manière historique la protection de l’enfance, en réaction à la recrudescence des rapts constatée ces dernières années. Désormais :
- La peine de mort s’appliquera systématiquement aux auteurs d’enlèvements d’enfants, quels que soient les moyens utilisés.
- La peine sera sévèrement aggravée en cas de torture, d’agression sexuelle ou de mutilation.
- Aucune circonstance atténuante ne pourra être accordée par les magistrats aux personnes reconnues coupables de ces actes.
Un avertissement solennel aux « vendeurs d’illusions »
Au-delà de la stricte application du droit, cette décision législative se veut une leçon magistrale adressée à ceux que le pouvoir qualifie de « vendeurs d’illusions », qu’il s’agisse des réseaux criminels organisés, des pyromanes ou des instigateurs opérant dans l’ombre et sur les réseaux sociaux pour déstabiliser l’ordre public.
Bien que l’Algérie applique un moratoire sur les exécutions capitales depuis 1993, le président Tebboune a d’ores et déjà ordonné des dispositions pour que les condamnations à mort soient effectives et appliquées dès l’épuisement des voies de recours. Le message est clair : l’État ne reculera devant rien pour protéger ses citoyens et punir ceux qui s’attaquent à la vie des enfants ou à la sécurité nationale.