
Un atterrissage très attendu à Nsimalen
C’est un retour très attendu qui vient mettre un terme à des semaines des vacarmes journalistiques et de débats passionnés. Il était 16h47 lorsque l’aéronef présidentiel a touché le tarmac de l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen, avec à son bord le président de la République, Paul Biya, et son épouse Chantal Biya. Accueilli au bas de la passerelle par ses proches collaborateurs, le chef de l’État a ensuite gagné le Palais de l’Unité sous un important dispositif.
Après un séjour privé en Suisse
Parti du Cameroun le 7 juin dernier pour un court séjour privé à Genève, Paul Biya regagne le pays après 73 jours. Une vacance prolongée qui a vivement agité la scène politique et alimenté une vague de désinformations sur les réseaux sociaux. Face au brouhaha, le Directeur du Cabinet Civil avait dû intervenir par voie de communiqué pour recadrer les spéculations et rappeler la fermeté du pouvoir.
Les chantiers urgents et la continuité de l’État
Sur le plan institutionnel et politique, ce retour intervient alors que les urgences s’accumulent au sommet de l’État. Plusieurs grands chantiers attendent l’arbitrage du président : la question de la création ou nomination d’une vice-présidence, l’éventualité d’un remaniement ministériel, le renouvellement des dirigeants des entreprises publiques, sans oublier les orientations stratégiques en vue des prochaines échéances législatives et municipales.
Néanmoins, la continuité de l’État n’a pas été rompue pendant cette période. Même à distance, le chef de l’État a continué de signer plusieurs textes cruciaux, notamment des décrets portant nomination au sein de la haute hiérarchie militaire.
Regards croisés de la classe politique et des experts
Dans l’opinion et la classe politique, cette longue absence a suscité des réactions contrastées. Pour certains acteurs politiques comme Serge Espoir Matomba, le débat n’avait pas lieu d’être. Selon cette ligne, le présidenty s’exprime devant la nation à des rendez-vous fixes le 10 février, le 20 mai et le 31 décembre et son absence physique le reste du temps s’inscrit dans son mode de gouvernance habituel.
Un constat partagé sous un angle technique par des spécialistes des relations internationales, à l’instar du Dr Essousse Bamock. Ce dernier rappelle que dans le cadre strict d’un séjour privé, la durée n’obéit pas aux mêmes grilles de lecture qu’un déplacement officiel. Pour l’universitaire, l’inquiétude ne devient légitime que si le président manque les grandes réussites diplomatiques ou recourt à des délégations de signature pour des actes exigeant sa présence directe.
Fin de la parenthèse
Avec l’atterrissage de l’avion présidentiel ce 20 août à Nsimalen, la parenthèse des interrogations se referme. Paul Biya est de retour à Yaoundé, et la vie politique nationale reprend son cours ordinaire.