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Edito : un sommet du Commonwealth… sans réponses

Les dirigeants des 54 pays de Commonwealth se sont réunis le weekend dernier au Rwanda pour un sommet organisé à un moment où l’avenir de l’organisation dirigée par Elizabeth II est questionné et en pleine polémique sur le projet britannique d’expulsions vers le pays d’Afrique de l’Est. Le sommet, devait « renforcer la coopération multilatérale, explorer de nouvelles opportunités et adresser des défis communs pour le bien-être des générations futures ». Un projet ambitieux pour un Commonwealth dont le rôle et la pertinence sont de plus en plus remis en question, à une période de transition pour la monarchie britannique et de remise en question du passé colonialiste.

Le Commonwealth, dont la reine Elizabeth II est la cheffe, est une association de 54 États membres dont 15 royaumes, souvent anciens territoires de l’Empire britannique. L’organisation recouvre 2,6 milliards d’individus, soit un tiers de l’humanité. La reine absente a été représentée par le prince Charles. Ses critiques qu’il aurait formulées, à l’encontre du projet qualifié de « consternant » du gouvernement britannique d’expulser au Rwanda des demandeurs d’asile a fait courir un grand bruit. Les premiers départs ont été annulés au dernier moment la semaine dernière par la justice, le gouvernement Britannique et le Rwanda voient cela d’un mauvais œil, au regard des enjeux liés.

Le projet gouvernemental, qui prétend freiner les traversées illégales de la Manche en se déchargeant de la responsabilité d’accueil des demandeurs d’asile, est critiqué autant par les associations de défense des droits humains que par l’ONU. Les États membres du Commonwealth auraient dû saisir l’opportunité présentée à Kigali pour dénoncer cet accord inhumain et faire pression sur le Royaume-Uni et le Rwanda pour mettre fin à ce macabre projet. Le choix du Rwanda pour accueillir le sommet était déjà controversé. Le pays dirigé par Paul Kagame depuis la fin du génocide de 1994 est régulièrement accusé par des ONG de réprimer la liberté d’expression, les critiques et l’opposition politique.

« Le Rwanda ne respecte pas les valeurs du Commonwealth, de la démocratie, de l’État de droit, les droits humains, la liberté d’expression », a énuméré auprès de l’AFP Victoire Ingabire, la leader de l’opposition au Rwanda. Il y règne un « climat de peur », loin de l’image que cherche à donner le pays, ont estimé une vingtaine d’organisations de la société civile début juin, dénonçant la multiplication des disparitions forcées, des détentions arbitraires, de la torture et des exécutions extrajudiciaires. Le silence du Commonwealth sur les droits humains au Rwanda pousse au questionnement, lorsque l’on sait l’attachement de cette organisation aux valeurs de liberté, de démocratie et des droits de l’homme.

Sa crédibilité est mise à rude épreuve au moment où les défenseurs des droits humains, sapés par ce pays qui veut unilatéralement changer les options et les valeurs. Entretemps, des voix s’élèvent au sein du Commonwealth pour abandonner la monarchie, suivant l’exemple de la Barbade devenue une république en novembre. En mars, le prince William, petit-fils de la reine, a effectué une tournée chahutée dans les Caraïbes, critiquée pour ses relents colonialistes. Des reproches qu’a aussi essuyés le prince Charles lors d’une visite au Canada quelques semaines plus tard.

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