
Unies par des relations diplomatiques officielles depuis plus de huit décennies, l’Égypte et la Russie consolident un peu plus leur alliance. Lors d’un entretien téléphonique entre le chef de la diplomatie égyptienne et Sergueï Lavrov, les deux nations ont réaffirmé leur volonté commune de propulser leur coopération économique vers de nouveaux sommets, sur fond de convergences géopolitiques régionales.
De la construction historique du Haut barrage d’Assouan durant la Guerre froide au statut de partenaire commercial majeur de Moscou en Afrique aujourd’hui, l’histoire d’amitié entre l’Égypte et la Russie ne cesse de s’écrire au rythme des grands projets d’infrastructure. Mercredi 26 août, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, et son homologue russe, Sergueï Lavrov, l’ont magistralement rappelé en dressant un bilan exhaustif de leur partenariat stratégique, guidé par les présidents Abdel Fattah Al-Sissi et Vladimir Poutine.
El-Dabaa et au-delà : l’apogée de la filière nucléaire
Au cœur de cette dynamique bilatérale, la coopération énergétique occupe une place prépondérante. Les deux ministres ont salué les avancées significatives du chantier de la centrale nucléaire d’El-Dabaa, jalonné par l’installation récente de la cuve sous pression du réacteur de la deuxième unité. Véritable colonne vertébrale du nouveau bouquet énergétique égyptien, ce complexe de pointe réalisé avec le géant russe Rosatom illustre la solidité technique de l’alliance.
Dans la continuité de ce projet phare et face à des besoins énergétiques croissants, Le Caire et Moscou étudient déjà de nouveaux horizons : l’extension des capacités du site d’El-Dabaa avec la perspective d’ajouter de nouvelles tranches nucléaires, confirmant l’ancrage de la filière atome russe dans la stratégie de transition bas-carbone de l’Égypte.
Des zones industrielles au tourisme méditerranéen
Au-delà de l’atome, la concrétisation de la future zone industrielle russe au sein de la zone économique du canal de Suez a été érigée en priorité absolue pour doter la coopération bilatérale d’une assise commerciale pérenne.
Le réchauffement des liens s’illustre également dans le secteur touristique. Badr Abdelatty s’est félicité de l’ouverture prochaine de liaisons aériennes directes reliant la Russie aux aéroports d’Alexandrie et d’Al-Alamein. Une bouffée d’oxygène pour les flux touristiques, qui permettra de dynamiser la côte méditerranéenne égyptienne tout en désengorgeant les stations balnéaires traditionnelles de la mer Rouge.
Convergence diplomatique face aux crises
Ce dialogue renforcé s’exerce enfin sur la scène internationale. Face aux instabilités régionales, Le Caire et Moscou maintiennent une concertation étroite. Sur le dossier de Gaza, Le Caire a insisté sur l’impératif d’une désescalade et du respect des plans de paix. Concernant la sécurité maritime, les discussions ont englobé la proposition irano-omanaise d’un corridor dans le détroit d’Ormuz, vitale pour les marchés énergétiques mondiaux, de même que la recherche d’une issue diplomatique au conflit russo-ukrainien.
À travers ces jalons, l’Égypte et la Russie confirment que leur partenariat séculaire demeure un stabilisateur incontournable, mû par des réalisations concrètes et une vision partagée de l’équilibre régional.