
Face au défi de l’accès au logement pour tous, Libreville fait le choix stratégique de l’expertise continentale. En marge de la 13e session du Forum Urbain Mondial à Bakou, le Gabon a jeté les bases d’une alliance d’envergure avec le Maroc pour révolutionner son paysage urbain. Une démarche qui illustre la volonté croissante des États africains de privilégier des solutions endogènes et souveraines aux problématiques de développement.
Le choix de l’excellence africaine pour rompre avec la dépendance
Pour restructurer sa politique de l’habitat, le gouvernement gabonais a choisi de s’inspirer d’un modèle de réussite éprouvé sur le continent : le géant marocain Al Omrane. Opérateur de référence en aménagement du territoire, ce groupe affiche une force de frappe industrielle impressionnante, avec des projections de plus de 95 000 logements programmés entre 2026 et 2027, soutenues par des investissements de plusieurs milliards de dirhams.
En se tournant vers le savoir-faire marocain plutôt que vers des cabinets d’expertise occidentaux, le Gabon pose un acte politique fort. Les discussions de Bakou ne se sont pas limitées à des intentions théoriques, mais ont abordé de front les leviers de l’autonomie technique :
Mécanismes de financement innovants pour sécuriser les investissements.
Souveraineté foncière par une gestion et une mobilisation stratégique des terres.
Optimisation des partenariats public-privé (PPP) pour accélérer le rythme des chantiers sans alourdir indûment la dette publique.
Répondre à l’urgence sociale par la co-construction Sud-Sud
À Libreville, la pression immobilière asphyxie les ménages modestes et les fonctionnaires depuis trop longtemps. L’enjeu de ce partenariat va donc bien au-delà de la simple construction de bâtiments. Il s’agit de bâtir de véritables écosystèmes urbains durables, inclusifs et adaptés aux réalités socio-économiques locales.
Le sens profond de cette coopération : Ce rapprochement pragmatique démontre qu’en matière d’urbanisme et d’infrastructures, l’Afrique possède désormais les compétences et les capitaux nécessaires pour s’autodéterminer. L’axe Libreville-Rabat matérialise cette vision d’une co-construction africaine, libérée des schémas d’aide traditionnels.
L’heure est maintenant à la matérialisation des accords de Bakou sur le terrain gabonais. Un tournant décisif attendu avec impatience par les populations, et qui pourrait s’imposer comme un cas d’école en matière de solidarité et d’intégration économique continentale.