
Réunis du 15 au 17 juin 2026 sous la présidence française, les dirigeants du G7 ont clôturé les travaux de leur 52e sommet. Face aux crises globales, ce rendez-vous de haut rang a tenté d’afficher une posture de fermeté et de tracer de nouvelles orientations stratégiques, avant de se heurter aux dures réalités de ses propres divisions et de son passif diplomatique.
Les objectifs et résolutions majeures du Sommet de 2026
Sous la houlette de la présidence française, l’objectif officiel de ce sommet était clair : « Construire la paix et la sécurité pour l’Ukraine et pour l’Europe ». Face aux urgences géopolitiques mondiales, les chefs d’État et de gouvernement, rejoints par des invités stratégiques tels que l’Inde, du Brésil, du Kenya, de l’Égypte et de la Corée du Sud, ont adopté plusieurs déclarations communes et plans d’action structurés autour de trois priorités absolues :
- Soutien militaire et durcissement face à Moscou : Le G7 s’est engagé à accélérer massivement l’envoi de systèmes de défense aérienne et d’armes de longue portée pour appuyer la dynamique ukrainienne sur le terrain. En parallèle, les sanctions économiques ciblant le pétrole et le gaz russes vont être lourdement durcies.
- Sécurité au Moyen-Orient : Les dirigeants ont salué l’accord historique obtenu sous l’égide de Donald Trump avec l’Iran, visant à bloquer définitivement le développement de l’arme nucléaire. Pour garantir la stabilité des voies commerciales, une force maritime franco-britannique sera déployée afin de sécuriser le détroit d’Ormuz.
- Statu quo dans l’Indo-Pacifique : Une exigence stricte de maintien des équilibres actuels a été adressée à la Chine et à la Corée du Nord face à leurs ambitions régionales.
Une diplomatie de façade sous le contrôle de Washington
Derrière cette apparente unité et la solennité des déclarations, le fonctionnement interne du sommet a rapidement révélé les limites de l’exercice. Plus qu’une instance de gouvernance internationale concertée, les réunions d’Évian ont mis en lumière une coquille vide, largement dominée par un seul homme. Chez leur hôte Emmanuel Macron, les dirigeants se sont alignés sur le rythme imprimé par Donald Trump, qui a dicté les débats et monopolisé la parole.
Cette centralité américaine s’est traduite par un recadrage direct de l’Union européenne. Le président américain a fermement exhorté les dirigeants européens à assumer leurs propres responsabilités financières et logistiques. Refusant de s’engager aveuglément dans des livraisons massives d’armes sans contreparties claires ni vision à long terme, Trump a imposé ses propres conditions, brisant l’illusion d’un bloc occidental parfaitement homogène. Dans ce décor, la présence du président kenyan William Ruto, invité d’honneur, a semblé reléguée au rôle d’accompagnateur passif face aux véritables décideurs.
Le passif du G7 : Une machine à promesses non tenues pour l’Afrique
Ce manque de sincérité et de sérieux apparent en 2026 résonne avec l’histoire même de cette organisation. Créé en 1975, devenu un temps G8 avant l’exclusion de la Russie, le G7 s’apparente aujourd’hui au vestige d’un ordre mondial révolu. Club d’amis dépourvu de budget propre, de banque de développement, de traité fondateur ou de secrétariat permanent, il s’est souvent illustré par des promesses sans lendemain, particulièrement envers le continent africain.
Le passé démontre que les engagements d’aide financière se transforment régulièrement en mirages :
- Le sommet de Gleneagles (Royaume-Uni, 2005) : En présence de sept chefs d’État africains, le G7 avait annoncé en grande pompe une enveloppe de 25 milliards de dollars d’aide. À l’arrivée, l’opération s’est résumée à une manipulation comptable où des dettes irrécouvrables ont simplement été rebaptisées « aide au développement », sans qu’aucun dollar réel ne soit versé.
- Le sommet de L’Aquila (Italie, 2009) : Le club promettait un milliard de dollars pour appuyer la force de paix de l’Union Africaine. Dix-sept ans plus tard, l’Afrique attend toujours le premier centime.
Alors que le sommet d’Évian ferme ses portes sur de nouveaux catalogues d’intentions, l’histoire rappelle que face à ce directoire occidental, les promesses de solidarité internationale résistent rarement à l’épreuve des faits.