
Le Tchad passe à l’offensive. Enclenchant un tournant géopolitique majeur pour sa souveraineté, le gouvernement Tchadien a officialisé la création d’une commission nationale chargée de renégocier l’ensemble de ses contrats pétroliers et de lancer des audits financiers de grande envergure ciblant la commercialisation du brut, notamment auprès du géant du négoce Glencore .Cette décision marque une rupture radicale après des années d’exploitation jugées inéquitables. Alors que le pétrole représente plus de 85 % % des recettes budgétaires nationales, le paradoxe tchadien sautait aux yeux : un sous-sol gorgé de richesses pétrole, mais aussi cuivre, zinc et or côtoie une pauvreté persistante. Dans le secteur aurifère, les compagnies étrangères, notamment nord-américaines, s’accaparaient historiquement jusqu’à 90 % des retombées, ne laissant que des miettes (10 %) à l’État.
Les trois axes de la rupture
- Une Commission Spéciale d’État : Mandatée pour réévaluer de fond en comble les accords passés avec les opérateurs historiques, de la Société des Hydrocarbures du Tchad (SHT) à Perenco, en passant par CNPC et Petronas.
- Des audits sous haute tension : L’Autorité Indépendante de Lutte contre la Corruption (AILC) plonge dans les registres de vente du brut pour chasser les zones d’ombre, malgré les résistances internes au sommet de la compagnie nationale.
- Le contrôle du terrain : Des missions d’évaluation sillonnent les zones productrices, comme à Bébédjia, pour vérifier l’application concrète du reversement légal de 5 % des revenus aux régions extractives.

Cette reprise en main, qui prolonge la nationalisation des actifs d’ExxonMobil intervenue en 2023, répond aussi à une urgence budgétaire : anticiper une chute programmée de plus de 20 % des revenus pétroliers dans les années à venir. En imposant l’audit systématique des multinationales et la renégations de ses contrats, le Tchad tente de tourner la page d’une manne pillée pour enfin transformer l’or noir et les métaux de son sous-sol en levier de développement pour son peuple