La diplomatie algérienne a marqué un grand coup et porté la voix de l’Afrique sur le désarmement humanitaire à Genève. Portée par Alger et soutenue par un bloc de 70 pays, une nouvelle résolution de l’ONU contraint désormais les anciennes puissances militaires et coloniales à financer le déminage et la prise en charge des victimes sur le continent africain.
Par DJOMANGOLA clément
C’est une victoire diplomatique et humanitaire de haute volée pour l’Afrique. Réunies à Genève, les Nations Unies ont validé un texte crucial porté par l’Algérie, propulsant le pays au rang de leader mondial sur la question du désarmement humanitaire. Co-signée et votée par un groupe de 70 nations, cette résolution vient bousculer le droit international en matière de responsabilité post-conflit.
Le principe du « pollueur-payeur » appliqué à la guerre
Concrètement, ce texte introduit une obligation de réparation financière et technique. Désormais, les puissances étrangères ayant enfoui des engins explosifs dans le sol africain que ce soit durant la période coloniale ou lors de conflits ultérieurs sont tenues légalement et financièrement responsables. Elles devront non seulement financer l’intégralité des opérations de déminage, mais aussi assurer la prise en charge médicale et l’indemnisation des civils blessés.
Un fléau colonial qui tue encore au quotidien
Pour le continent africain, l’impact de cette décision est immense. Des décennies après les indépendances ou la fin de certains conflits, des millions de mines antipersonnel restent dissimulées dans les terres arables, les forêts et à proximité des villages. Ce fléau invisible continue de tuer, de mutiler des civils innocents et de paralyser le développement économique de régions entières.
Grâce à cette impulsion algérienne, l’Afrique s’arme d’un levier juridique puissant pour exiger les fonds nécessaires. L’objectif est clair : dépolluer définitivement ses sols et tourner, enfin, l’une des pages les plus sombres de son histoire contemporaine.