C’est un changement majeur pour le secteur minier zimbabwéen. Longtemps paralysé, le projet titanesque de Darwendale, situé à l’ouest de Harare, s’apprête à renaître sous pavillon exclusivement étatique. La compagnie publique Mutapa Platinum Group vient d’officialiser le bouclage d’un financement de 100 millions de dollars (environ 89,3 millions d’euros) destiné à relancer ce gisement stratégique. Le site abrite des ressources estimées à 44 millions d’onces de métaux du groupe du platine (PGM), ce qui en fait l’un des plus grands réservoirs de la planète.

Le virage pragmatique de la nationalisation
Le projet revient de loin. Englué dans des difficultés financières chroniques lorsqu’il était opéré en partenariat avec des capitaux russes, Darwendale a fait l’objet d’une restructuration radicale en 2025 suite à sa reprise en main totale par l’État.
Pour rompre avec l’immobilisme, le nouvel opérateur national a revu sa copie stratégique. L’objectif : réduire l’investissement initial et accélérer la mise en valeur. Mutapa a ainsi opté pour une approche progressive, privilégiant une exploitation à ciel ouvert pour la première phase du projet, moins coûteuse et plus rapide à déployer que l’extraction souterraine.
Mise en production commerciale Horizon 2027
Sur le terrain, les feux sont désormais au vert. Les premiers décaissements ont été effectués et les travaux de génie civil pour l’usine de traitement ont débuté à la mi-septembre. Le calendrier est serré : le chantier de construction doit durer douze mois, ouvrant la voie à une entrée en production commerciale à pleine capacité au cours de l’année 2027.
Sur le plan technique, l’infrastructure globale est pensée pour l’avenir. Si la base amont de l’usine est déjà dimensionnée pour absorber 1,2 million de tonnes de minerai brut par an, le démarrage se fera par étapes :
- Phase de lancement : Mise en service d’un premier circuit de flottation pour traiter 600 000 tonnes de minerai par an.
- Phase d’extension : Doublement immédiat de la capacité à 1,2 million de tonnes via l’ajout d’un second circuit, sans nécessiter de lourds travaux de restructuration structurelle.
Un objectif de 5 millions de tonnes à terme
À long terme, Mutapa Platinum Group ne cache pas ses ambitions hégémoniques. Une fois la phase à ciel ouvert stabilisée, la compagnie nationale prévoit de basculer vers des extensions souterraines. L’objectif ultime affiché par le gouvernement est de hisser la capacité globale de traitement à 5 millions de tonnes par an d’ici cinq ans, propulsant définitivement le Zimbabwe parmi les géants mondiaux du platine