
Par la Rédaction
Antananarivo — C’est un tournant historique pour la souveraineté nationale. Le président de la République malgache, Mickaël Randrianira, vient d’acter une décision aussi audacieuse que nécessaire : la restitution intégrale aux citoyens malgaches des terres coloniales, arrachées par les puissances étrangères durant la période sombre de l’occupation.
Un siècle d’injustice foncière enfin réparé
L’histoire retiendra que tout a basculé en 1896. À cette époque, sous le joug colonial, des millions d’hectares de terres fertiles ont été confisqués et distribués sous forme de privilèges scandaleux à des colons français ainsi qu’à de puissantes sociétés financières et agro-industrielles.
Fondés sur des décrets iniques proclamant que « toutes les terres non cultivées en permanence appartenaient aux occidentaux », ces spoliations ont privé des générations de Malgaches de leur patrimoine le plus précieux. Aujourd’hui, le nouveau pouvoir en place dit un non catégorique à cet h́éritage de spoliation.
« Cette mesure s’inscrit dans la volonté inébranlable de l’État de finaliser le processus de décolonisation foncière, de renforcer notre maîtrise sur des terres jugées stratégiques et de rétablir les droits légitimes du peuple malgache sur son sol. » Présidence de la République
Une validation constitutionnelle incontestable
Validée par l’écrasante majorité des citoyens, cette initiative franchit un cap institutionnel décisif. La Haute Cour constitutionnelle (HCC) a officiellement approuvé, dans une décision rendue le 3 août, la loi relative au transfert à l’État de ces terrains immatriculés au nom d’étrangers durant la période coloniale.
Saisie par le président de la Refondation avant sa promulgation, la juridiction constitutionnelle a jugé le texte parfaitement conforme à la Constitution. Le mécanisme légal est désormais clair :
- Transfert automatique des terrains au domaine public de l’État.
- Gestion et redistribution de ces parcelles stratégiques au profit direct des citoyens malgaches.
Des exceptions et des garanties juridiques rigoureuses
Tout en marquant une rupture nette avec le passé colonial, le texte légal fait preuve de mesure et de rigueur juridique à travers des dispositions encadrées :
- Les immunités diplomatiques : Les terrains appartenant aux représentations diplomatiques et consulaires étrangères sont strictement exclus de la mesure.
- Les naturalisations et acquisitions : Sont également épargnés les terrains déjà transférés à des nationaux malagasy, ainsi que ceux détenus par des étrangers ayant acquis la nationalité malgache dans le respect des procédures d’enregistrement.
- Le droit et l’équité : Une procédure de régularisation est expressément prévue pour les occupants de bonne foi, tandis que la voie du tribunal civil reste ouverte pour tout cas de contestation ou de litige.
Avec cette reprise en main souveraine, Madagascar tourne définitivement une page douloureuse de son histoire. Le peuple malgache est enfin replacé au cœur de son destin territorial.