28 septembre 2026, 5:51 pm

ONU:LE BURKINA FASO DÉNONCE LE SOUTIEN LOGISTIQUE DE CERTAINS ÉTATS AU TERRORISME POUR DÉSTABILISER LE SAHEL ET FUSTIGE LA MAUVAISE RÉSOLUTION DE L’UNION EUROPÉENNE SUR LA RÉGION

Discours du Burkina Faso à la 81e session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies

Prononcé par : Le camarade Karamoko Jean Marie Traoré, Ministre des Affaires étrangères, au nom de la Confédération des États du Sahel (AES)
Date : 28 septembre 2026, New York

 

 

Monsieur le Président, Excellences, Mesdames et Messieurs,

J’ai l’insigne honneur de porter, depuis cette tribune, la voix de Leurs Excellences Le camarade Capitaine Ibrahim TRAORÉ, Président du Faso, Chef de l’État et Président de la Confédération des États du Sahel (AES) ; Le Général d’Armée Assimi GOITA Président de la Transition, Chef de l’Etat de la République du Mali et Le Général d’Armée Abdourahamane TIANI, Président de la République du Niger, Chef de l’Etat.
En leurs noms, la Confédération des États du Sahel vous adresse, Monsieur le Président, ses chaleureuses félicitations pour votre élection à la présidence de la 81ᵉ session. Elle vous formule ses voeux de succès dans l’accomplissement de votre mandat et s’associe à la fierté du peuple ami de Bangladesh. À Son Excellence Madame Annalena BAERBOCK, nous réitérons notre positive appréciation pour la conduite avec dextérité, des travaux de la 80ᵉ session.

Mémoire et Résilience

C’est avec le coeur habité par la mémoire de milliers d’enfants, de femmes et d’hommes du Burkina Faso, du Mali et du Niger, innocentes victimes du terrorisme, que je prends la parole. Mais c’est aussi avec la fierté tirée de la résilience des populations du Sahel, et de l’espoir porté par la bravoure des forces de défense et de sécurité de la Confédération, ainsi que du rôle crucial joué par les Volontaires pour la défense de la patrie que je suis commis à la mission noble de porter cette déclaration.
Aussi, voudrais-je avoir une pensée pieuse aux familles endeuillées, aux communautés meurtries et à toutes celles et tous ceux dont la vie a été affectée par la barbarie terroriste.
Depuis plus d’une décennie, cette violence aveugle est entretenue, armée, financée et instrumentalisée par des réseaux criminels et leurs soutiens, déterminés à soumettre le Sahel par la peur. Mais qu’ils l’entendent ici: ils n’y parviendront pas.
Je m’incline avec un profond respect devant la mémoire des forces de défense et de sécurité de la Confédération des Etats du Sahel, nos volontaires pour la défense de la patrie et toutes nos forces patriotiques tombés sur le champ d’honneur.
En évoquant leur mémoire, j’ai une pensée pieuse pour le Général d’Armée Sadio CAMARA lâchement assassiné le 25 avril 2026 pour son engagement pour la paix au Mali et au Sahel.
Le sacrifice suprême que nos héros ont consenti est la semence de liberté, de justice et de souveraineté auxquelles aspirent nos peuples opprimés. Il est la source nourricière quotidienne de notre détermination collective à reconquérir l’intégrité de nos territoires, à défendre notre dignité et à garantir notre droit sacré de vivre libres, en paix et en sécurité.

Souveraineté et Renaissance du Sahel

La dynamique confédérale engagée et assumée par nos États, loin d’être un isolement, est la traduction du refus de la fatalité et de la tutelle chronique ainsi que du rejet de l’indignation sélective devant le drame humain. Elle est le signe de la volonté partagée de nos États, de sortir du cercle vicieux de la domination structurelle et de l’exploitation profondément enracinées dans les relents colonialistes et néocolonialistes. Elle porte en elle l’espérance de la renaissance du Sahel central, longtemps étiqueté sous tous les qualificatifs dévaluants.
La nouvelle marche engagée depuis le 16 septembre 2023 par l’adoption de la Charte du Liptako-Gourma, consolidée par la création de la Confédération des États du Sahel le 06 juillet 2024, a dévoilé un nouvel horizon pour les peuples de l’AES.
Chaque pan de territoire reconquis, chaque base terroriste détruite, chaque combat gagné sur les forces du mal, chaque école réouverte, chaque village réinstallé, chaque réforme initiée, nous rapproche de ce nouvel horizon défendu avec détermination par le Camarade Capitaine Ibrahim TRAORE, Le Général d’Armée Assimi GOITA et le Général d’Armée Abdourahamane TIANI.
Sous leur leadership éclairé, contre vents et marrées, l’Alliance des États du Sahel s’affirme chaque jour en prenant en main et en assumant son destin. Un destin de dignité, de prospérité, de liberté et de justice.

Thème de la Session : Reconstruire la confiance

L’AES salue le choix du thème de la présente session : « Reconstruire la confiance, gérer la transformation : une Organisation pour tous ».
Ce thème est un aveu indéniable :
d’une confiance érodée entre les membres du fait des doubles standards, des positions partiales, de l’injustice institutionnalisée, de l’instrumentalisation des institutions et des procédures ;
que notre Organisation peine à s’adapter aux changements flagrants d’un monde en constante évolution ;
que notre organisation, hélas, n’est plus pour tous, mais appartient davantage à des acteurs choisis selon leur puissance et leurs intérêts.
Oui il faut reconstruire la confiance ; c’est une ambition que nous partageons. Mais cela suggère que notre Organisation cesse d’être le porte-voix ou le faire-valoir de quelques puissances pour devenir la maison commune des peuples, égaux en dignité, égaux en droits et égaux en souveraineté.
Pour la Confédération des États du Sahel, reconstruire la confiance rime impérativement avec l’arrêt immédiat des soutiens étatiques aux terroristes, car le terrorisme ne saurait continuer à être un instrument de la politique étrangère de certaines puissances.

Souveraineté, Justice et Réformes

Reconstruire la confiance rime également avec le respect strict de la souveraineté des États ; il rime avec le développement du partenariat et non de l’asservissement ; il rime avec une justice affranchie des velléités néocolonialistes.
La Confédération réaffirme son attachement à un traitement impartial, objectif et non sélectif des droits humains. Elle appelle à un dialogue fondé sur le respect mutuel, la bonne foi et la rigueur des faits. Nous acceptons l’examen impartial et objectif ; en revanche nous rejetons le procès politique. Oui pour le respect du droit ; mais nous refusons son instrumentalisation.
C’est précisément en raison de manquements graves, d’une sélectivité persistante et d’une politisation devenue manifeste que nos États ont souverainement décidé de se retirer de la Cour pénale internationale et ont formellement notifié leur retrait du Statut de Rome.

Dignité africaine et reconnaissance historique

La Confédération des États du Sahel s’érige contre la domination, l’exploitation et le mépris. Elle adhère à la vision d’une Afrique réhabilitée dans sa dignité, qui choisit sa propre voie, qui s’assume, qui s’émancipe des contraintes et des pesanteurs d’autrefois, pour être maitresse de son destin.
La Confédération des États du Sahel salue l’adoption, le 25 mars 2026, par l’Assemblée générale des Nations Unies, de la résolution reconnaissant la traite transatlantique des Africains réduits en esclavage et le système d’asservissement racial comme le crime le plus grave contre l’humanité.

Paix, sécurité et développement

Sur le chapitre de la paix et de la sécurité internationale, notre monde reste confronté à la multiplication des conflits armés, à l’émergence de nouvelles crises et au retour de la loi du plus fort. Les approches unilatérales, les sanctions hors du droit, les interventions sélectives et les doubles standards fragilisent l’ordre international et mettent à rude épreuve le système multilatéral.
La Confédération AES appelle à la cessation immédiate des violences contre les populations civiles, à un accès humanitaire sans entrave et à une solution politique juste et durable.
Sur le chapitre du développement, la Confédération demeure préoccupée par l’aggravation des vulnérabilités climatiques, la multiplication des crises humanitaires, et l’utilisation malveillante des technologies de l’information et de l’intelligence artificielle à des fins de manipulation et de déstabilisation.

Réformes de l’ONU et gouvernance mondiale

La Confédération des États du Sahel soutient les efforts engagés dans le cadre de l’Initiative UN80, convaincue que notre Organisation doit connaître une profonde mue pour répondre aux défis contemporains. Mais la réforme ne saurait être un prétexte pour réduire davantage la présence des Nations Unies dans les pays. Elle doit être politique, démocratique et courageuse dans les redistributions des voix, des responsabilités et des pouvoirs.
La réforme du Conseil de sécurité ne peut plus attendre. Elle doit renforcer la transparence et la redevabilité, mettre fin aux doubles standards, adapter l’Organe à la réalité géopolitique. La Confédération AES réaffirme son soutien au Consensus d’Ezulwini et à la Déclaration de Syrte.

Situation nationale du Burkina Faso

Le Burkina Faso s’est engagé dans une dynamique de transformation profonde, portée par la Révolution progressiste populaire. À l’heure où nous nous apprêtons à en commémorer le quatrième anniversaire, nous pouvons, avec responsabilité et lucidité, relever les avancées enregistrées dans plusieurs domaines de la vie nationale.
Sur le plan économique, le Burkina Faso poursuit résolument ses efforts en faveur d’une transformation structurelle de son économie et d’un développement davantage fondé sur ses propres potentialités. En synergie avec les autres États membres de la Confédération des États du Sahel, notre pays oeuvre à renforcer ses capacités productives, à valoriser ses ressources nationales et à promouvoir davantage la transformation locale de nos matières premières.
Dans les secteurs de l’agriculture et de l’industrie notamment, des initiatives présidentielles importantes sont mises en oeuvre afin de stimuler la production nationale, de créer des emplois et de renforcer la participation de nos populations à l’activité économique.
Sous le leadership du Camarade Capitaine Ibrahim TRAORE, Président du Faso, le Burkina Faso a fait le choix de placer le peuple au coeur de toute dynamique, en encourageant la création de nouvelles unités de production et de transformation et en favorisant une meilleure valorisation de nos ressources. À travers des initiatives porteuses d’espoir, notamment les six grandes initiatives présidentielles, notre économie se dynamise et se consolide progressivement.
Notre ambition est de fortifier les bases d’un développement endogène, durable et inclusif, tout en poursuivant la refondation profonde de notre société et le renforcement de notre souveraineté économique.
Sur le plan sécuritaire, le Burkina Faso, en coordination avec les pays de notre confédération, poursuit ses efforts en vue de restaurer durablement la paix, la sécurité et la cohésion sociale sur l’ensemble de son territoire. Plus de 74 % du territoire national sont désormais sous son contrôle. Nos Forces de défense et de sécurité, ainsi que nos Volontaires pour la défense de la Patrie, poursuivent leurs opérations contre les groupes terroristes et les bandes criminelles.
Ces évolutions se traduisent notamment par la reconquête de plusieurs villages et localités, le retour progressif de milliers de personnes dans leurs lieux de résidence, la réouverture de dizaines d’établissements scolaires, ainsi que la reprise des activités dans plusieurs centres de santé et la réinstallation progressive de l’administration.

Questions internationales

Au Moyen-Orient, nous demeurons particulièrement préoccupés par la situation du peuple palestinien et les souffrances endurées par les populations civiles de Gaza. Face à cette tragédie, le Burkina Faso réaffirme son attachement à une solution politique durable fondée sur la coexistence de deux États, Israël et la Palestine, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité, conformément au droit international et aux résolutions pertinentes des Nations Unies.
Sur un autre registre, le Burkina Faso demeure préoccupé par les conséquences des mesures coercitives unilatérales imposées à certains États, notamment à Cuba et au Nicaragua, dont les répercussions affectent durement les populations. Nous appelons, à cet égard, à privilégier le dialogue, la coopération et le respect mutuel entre les États.
S’agissant de la question du Sahara occidental, le Burkina Faso, fidèle aux principes consacrés par la Charte des Nations Unies, réaffirme son attachement au processus politique conduit sous les auspices du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies.
Nous encourageons la poursuite des efforts visant à parvenir à une solution politique négociée entre les parties, conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité. Tout autant nous réaffirmons notre attachement au principe d’une seule Chine.

Conclusion

À travers ces différentes considérations, le Burkina Faso voudrait réaffirmer une conviction essentielle : notre Organisation ne pourra répondre pleinement aux défis de notre temps que si elle demeure fidèle aux principes qui ont présidé à sa création.
Nous demeurons convaincus que, par le dialogue, la solidarité et la détermination, les Nations Unies ensemble avec nos peuples peuvent surmonter les épreuves auxquelles ils sont confrontés et construire les fondements d’un avenir de paix, de dignité et de prospérité partagée.

Un peuple – Un espace – Un destin.
Vive la Confédération des Etats du Sahel debout
Vive le Sahel debout.
Vive L’Afrique unie.
La Patrie ou la Mort, nous Vaincrons !
Je vous remercie.

Redige par: clement Djomangola

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