
À Yaoundé, la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale a abrité la 14ᵉ édition de son traditionnel Café littéraire le 10 septembre 2026. Une rencontre centrée sur la critique de la culture du virtuel et le réveil des consciences de la jeunesse.
Par la rédaction
Le café servi ce jeudi 10 septembre à l’avenue des Banques n’avait pas seulement l’arôme des grands crus : il exhalait le parfum des mots, de la pensée et du débat d’idées. En transformant le hall de son immeuble siège en agora intellectuelle, la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (CNPS) a réaffirmé sa volonté de faire de la lecture un levier d’émancipation citoyenne lors de la 14ᵉ édition de son Café littéraire.Au cœur des échanges de cette édition : l’écrivain Eugène Demaison Betteng et son dernier essai, La Génération Buzz ou l’ivresse du divertissement, l’urgence d’estomper, paru aux éditions L’Essentiel.


L’addiction numérique sous le scalpel
Devant un parterre composé de lecteurs, d’artistes, d’acteurs de la scène culturelle et d’influenceurs web, l’auteur s’est livré à une anatomie sans concession d’une jeunesse capturée par l’illusion des écrans. Dans un monde dominé par l’immédiateté, la quête effrénée de notoriété virtuelle et la culture de l’éphémère, l’ouvrage résonne comme une alarme face aux dérives d’un divertissement qui anesthésie l’effort et détourne du travail discipliné.
Les débats, particulièrement incisifs lors de la phase de questions-réponses, ont rapidement dépassé le cadre strict du livre pour aborder des problématiques sociétales majeures :
- Éducation et emploi : La fracture entre le système éducatif contemporain et la persistance du chômage des diplômés ;
- Culture et sciences : L’urgence de développer des compétences scientifiques et numériques de pointe tout en préservant
- l’ancrage identitaire africain ;- Jeunesse : Les stratégies pour réengager la jeune génération dans la construction pérenne de son avenir.
Un rôle d’entreprise citoyenne réaffirmé
À travers cette initiative articulée autour de la bibliothèque de l’organisme, la CNPS entend dépasser sa mission première de protection sociale pour s’imposer comme un acteur culturel de premier plan.
Entre la grille de lecture de l’auteur, la vente-dédicace et les échanges informels au fil des tasses, cette 14ᵉ édition a tenu toutes ses promesses. La preuve qu’à Yaoundé, le café peut aussi se déguster au rythme des pages et des idées neuves.