
Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a fait le déplacement depuis Islamabad jusqu’à Pékin pour cette visite officielle de quatre jours, et surtout, il vient de sceller un partenariat historique avec son homologue chinois Li Qiang.
Dans le grand échiquier mondial, le Pakistan n’est pas un acteur secondaire. Seule puissance nucléaire du monde musulman, doté d’une population de plus de 240 millions d’habitants et d’une position géographique ultra-stratégique au carrefour de l’Asie centrale, de l’Asie du Sud et du Moyen-Orient , l’État pakistanais est le verrou de voûte de la sécurité régionale. Et pour Pékin, ce partenaire est tout simplement irremplaçable.
L’acier d’une relation à toute épreuve
La présence à Pékin du général Asim Munir, chef d’état-major de l’armée pakistanaise, aux côtés du Premier ministre Sharif, envoie un message limpide : l’alliance entre les deux pays dépasse les simples tractations gouvernementales. Elle est structurelle, militaire et existentielle.
Pour la Chine, le Pakistan est la porte d’accès directe à l’océan Indien via le Corridor économique sino-pakistanais (CPEC), permettant de contourner le dangereux détroit de Malacca. Pour le Pakistan, la Chine est le garant de son équilibre stratégique et son principal moteur de modernisation.
Une nouvelle dynamique : 15 accords pour verrouiller l’avenir
La signature de ces 15 nouveaux accords bilatéraux marque un virage. On ne parle plus seulement d’infrastructures lourdes ou de routes, mais d’une intégration globale adaptée aux défis technologiques et sécuritaires actuels :
- Sécurité et antiterrorisme : Un volet crucial pour sécuriser les investissements chinois face aux menaces régionales.
- Souveraineté technologique et scientifique : Des transferts de compétences essentiels pour l’économie pakistanaise de demain.
- Économie, commerce et agriculture : Une diversification pour stabiliser les finances pakistanaises et garantir la sécurité alimentaire.
Des architectes de la paix au Moyen-Orient
L’autre fait marquant de cette visite est l’affirmation du Pakistan et de la Chine comme médiateurs incontournables sur la scène internationale. En saluant le rôle de Pékin dans la recherche d’un cessez-le-feu et d’une désescalade entre les États-Unis et l’Iran, Shehbaz Sharif positionne l’axe sino-pakistanais comme une alternative diplomatique de poids face aux crises qui secouent la région.
Alors que le monde se fragmente en blocs de puissance, cette nouvelle dynamique prouve que l’alliance sino-pakistanaise, qui célèbre ses 75 ans, reste le centre de gravité de l’architecture sécuritaire et économique asiatique.