17 octobre 2026, 7:57 pm

INTÉGRATION RÉGIONALE : LES MINISTRES DE L’AES HARMONISENT LEURS POSITIONS À OUAGADOUGOU AVANT LE FACE-À-FACE CRUCIAL DE DAKAR AVEC LA CEDEAO

Publié le 16 octobre 2026

À la veille des toutes premières négociations formelles entre la Confédération des États du Sahel (AES) et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le Comité ministériel de pilotage sahélien s’est réuni ce vendredi 16 octobre 2026 à Ouagadougou. Objectif affiché : bâtir un front commun et unanime pour aborder le rendez-vous stratégique de Dakar, prévu les 17 et 18 octobre.
C’est la dernière ligne droite d’un long processus d’harmonisation. Après les sessions de Niamey en février 2025 et de Bamako en mai 2025, la capitale burkinabè a scellé la convergence de vues des trois États sahéliens (Burkina Faso, Mali, Niger). Les chefs de la diplomatie des trois pays Karamoko Jean Marie Traoré (Burkina Faso), Abdoulaye Diop (Mali) et Bakary Yaou Sangaré (Niger) ont profité de cette tribune pour saluer le leadership du Président du Faso, actuellement à la tête de la Confédération, tout en fixant les lignes rouges de l’organisation.

Les trois lignes rouges du Sahel

Pour l’Alliance des États du Sahel, pas question de transiger sur l’essentiel. Les ministres ont érigé trois impératifs non négociables qui guideront l’ensemble des discussions en terre sénégalaise :

  • La préservation absolue de la souveraineté des États membres ;
  •  La consolidation institutionnelle de la Confédération de l’AES ;
  •  La protection stricte des intérêts des populations sahéliennes.

« Ces discussions seront guidées par la conviction profonde qu’entre Africains, nous pouvons régler nos propres problèmes », ont martelé les ministres de l’AES, insistant sur le principe d’unité indissociable de leur espace géographique.

Vers une reconfiguration du bloc ouest-africain

L’enjeu des discussions des 17 et 18 octobre à Dakar dépasse la simple gestion de crise. Il s’agit d’aboutir à de nouveaux arrangements institutionnels et juridiques durables. L’ambition affichée est de formaliser les relations entre l’AES et la CEDEAO, deux entités distinctes qui redessinent désormais le paysage géopolitique et économique de l’Afrique de l’Ouest.
Malgré le schisme politique, la libre circulation des personnes et des biens reste la priorité absolue des dirigeants sahéliens, conscients des liens historiques et humains profonds qui unissent les peuples de la sous-région. C’est donc « dans un esprit de responsabilité et de respect mutuel » que les plénipotentiaires du Sahel comptent négocier à Dakar, bien décidés à faire acter leur nouvelle existence juridique face au bloc de la CEDEAO.

Redige par: clement Djomangola

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