17 octobre 2026, 5:37 pm

PAS DE RETOUR AU SEIN DE LA CEDEAO : LA CONFÉDÉRATION DE L’AES CLARIFIE SA POSITION AVANT LES DISCUSSIONS DE DAKAR

Les États de la Confédération du Sahel (AES) maintiennent fermement leur cap. Réunis le 16 octobre 2026 à Ouagadougou pour harmoniser leur stratégie, les ministres des Affaires étrangères du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont réaffirmé à l’unanimité qu’il n’était nullement question pour eux de réintégrer la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
« Il n’en est rien », a formellement tranché le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, coupant court aux rumeurs persistantes de réconciliation politique. L’objectif de la délégation sahélienne, qui se rend à Dakar pour entamer des discussions inédites avec l’organisation sous-régionale, est clair : imposer un nouveau rapport de force.
Pour l’Alliance, la rupture actée en janvier 2025 est définitive. L’enjeu des négociations sénégalaises ne porte pas sur un retour en arrière, mais sur la formalisation de relations inédites entre deux blocs géopolitiques désormais distincts et indépendants. Les chefs de la diplomatie sahélienne entendent ainsi dialoguer « d’entité à entité », tout en posant trois lignes rouges non négociables : le respect strict de leur souveraineté, la consolidation de leur confédération et la protection des intérêts économiques et sociaux de leurs populations.

Rappel des faits : Les causes majeures de la rupture

Cette position inflexible s’enracine dans une crise profonde. Pour rappel, la rupture officielle et définitive entre les pays de l’AES et la CEDEAO est devenue juridiquement effective le 29 janvier 2025, soit exactement un an après leur annonce conjointe de retrait fracassante formulée le 28 janvier 2024.
Les tensions se sont accumulées à la suite des coups d’État successifs survenus au Mali (2020, 2021), au Burkina Faso (2022) et au Niger (2023). Les trois(3) pays reprochaient principalement à la CEDEAO :

  • L’inefficacité sécuritaire face au terrorisme : L’AES a accusé l’organisation régionale de l’avoir abandonnée et de ne pas lui avoir apporté de soutien militaire concret face aux violences terroristes qui déstabilisent le Sahel.
  •  L’illégalité et la dureté des sanctions économiques : Après les coups d’État, la CEDEAO a imposé de lourds blocus commerciaux et financiers (notamment contre le Niger). Les autorités de l’AES ont qualifié ces sanctions d’« inhumaines » et préjudiciables pour leurs populations.
  •  L’instrumentalisation par des puissances étrangères : Les États sahéliens ont dénoncé l’influence disproportionnée de la France sur les décisions de la CEDEAO, notamment lorsque l’organisation a menacé d’intervenir militairement pour rétablir le président Mohamed Bazoum au Niger.

Chronique d’un divorce : les consultations qui ont échoué

Plusieurs initiatives diplomatiques et sessions de médiation menées par la CEDEAO ont échoué à maintenir le dialogue et à empêcher ce divorce institutionnel à travers quatre démarches infructueuses :

Les médiations de haut niveau après les coups d’État (2020 – 2023)

  • L’échec : La CEDEAO avait nommé des médiateurs officiels (comme l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan pour le Mali) afin de négocier des calendriers de transition courts pour le retour à l’ordre constitutionnel.

La diplomatie de la menace militaire au Niger (Août 2023)

  • L’échec : Après l’avènement de Niamey, la CEDEAO a activé sa « force en attente » et brandi la menace d’une intervention armée si le président déchu n’était pas libéré. Loin de faire plier les dirigeants de trois pays, cette posture a poussé le Mali et le Burkina Faso à faire bloc avec le Niger, scellant la création de l’AES en septembre 2023 pour se défendre mutuellement contre la CEDEAO.

Le Sommet d’Abuja et la main tendue post sanctions (Février 2024)

  • L’échec : Constatant le danger d’une partition régionale après l’annonce de retrait de l’AES, la CEDEAO s’est réunie en sommet extraordinaire à Abuja et a décidé de lever la quasi-totalité de ses sanctions économiques. Pensant inciter les trois pays à revenir, cette démarche a été perçue par l’AES comme un aveu de faiblesse de l’organisation. L’AES a réaffirmé le caractère « irréversible » de son départ.

Le rejet de la « période de transition » de six mois (Décembre 2024)

  •  L’échec : Lors de son sommet du 15 décembre 2024, la CEDEAO a tenté une approche juridique en proposant d’accorder aux pays sahéliens un délai de réflexion ou de rétractation supplémentaire de six mois pour négocier un compromis. Dès le 23 décembre 2024, le collège des chefs d’État de l’AES a officiellement et catégoriquement rejeté cette prolongation, maintenant sa sortie stricte pour la fin janvier 2025.

L’ouverture des discussions de Dakar marque ainsi la fin définitive de l’ère de la médiation pour un retour en arrière, laissant place à une tentative de cohabitation pacifique entre deux entités souveraines distinctes.

Redige par: clement Djomangola

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Partagez

Espace annonceur

Les Plus commentés

EGYPT/ KUWAIT / CAIRO’S FM IN TALKS ON INVESTMENT, REGIONAL ISSUES
SÉNÉGAL : 10,57 MILLIONS DE BARILS DE PÉTROLE COMMERCIALISÉS EN 5 MOIS
BRAZIL/ G20 SUMMIT SUMMIT WILL BE LEARNING OPPORTUNITY- PRES. LULA
GABON / TOWARDS DEMOCRACY UNVEILING THE NEW CONSTITUTION

Articles qui pourraient vous plaire

Rechercher ...

Téléchargez notre application For you Media Africa dès maintenant

Ce site utilise des cookies

Nous utilisons des technologies telles que les cookies pour stocker et/ou accéder aux informations relatives à l’appareil. Nous le faisons pour améliorer l’expérience de navigation et afficher des publicités personnalisées. Le fait de consentir à ces technologies nous permettra de traiter des données telles que le comportement de navigation ou des identifiants uniques sur ce site. Le fait de ne pas consentir ou de retirer son consentement peut avoir des conséquences négatives sur certaines caractéristiques et fonctions.