La France bascule-t-elle dans une crise d’État historique ? Ce samedi, alors que Paris se barricade et que la population sombre dans l’angoisse, le pays fait face à un embrasement social sans précédent.
Ce qui n’était à la mi-septembre qu’une fronde lycéenne locale s’est transformé en un véritable brasier national. Face à la jonction des colères associant désormais Gilets jaunes, étudiants, salariés, militants pour le climat et antifascistes , le pouvoir semble totalement démuni. Quelque 800 000 personnes ont manifesté à travers tout le territoire selon les organisateurs, unies par des revendications multiples et une dénonciation unanime de la « vie chère ». Emmanuel Macron a lancé ce vendredi un message d’apaisement depuis Bruxelles : « Il n’y a qu’un seul message à passer, celui de l’appel au calme. » À la veille de la journée de mobilisation du 17 octobre, le chef de l’État a également apporté son soutien aux forces de l’ordre.

Des mairies prises d’assaut et des scènes d’insurrection
Dans plusieurs villes, le chaos a rapidement pris le dessus. Des actions non autorisées se sont superposées aux cortèges officiels, déclenchant de violents heurts avec les forces de l’ordre. Signe d’une violence franchissant un nouveau cap, des émeutiers ont réussi à s’introduire de force dans plusieurs mairies. Les images de bâtiments publics en feu et de véhicules calcinés témoignent de la fureur des affrontements.
Un pouvoir dépassé
Face à cette détresse populaire qui vire à l’insurrection, le président Emmanuel Macron a lancé un appel désespéré au calme et au respect des institutions. Une prise de parole qui sonne dramatiquement comme l’aveu d’un gouvernement dépassé, incapable de contenir l’incendie qui ravage le pays.