Par la Rédaction
Publié le 27 octobre 2026
La Zambie a officiellement inauguré sa première raffinerie nationale d’or le 24 octobre 2026.Présenté officiellement par la société Minera Refineries Zambia Limited lors du forum Zambia Mining and Investment Insaka 2026, ce nouveau complexe industriel affiche une capacité maximale de traitement de 3,5 tonnes d’or par an, soit l’équivalent de l’intégralité de la production nationale actuelle. Grâce à une technologie de pointe, l’usine est capable de purifier le métal précieux jusqu’à un taux exceptionnel de 99,99 %, répondant ainsi aux standards d’excellence internationaux.
En basculant vers une transformation locale intégrale, le gouvernement zambien ambitionne non seulement de générer plus de 1,8 milliard de dollars de recettes, mais aussi de formaliser et sécuriser l’activité de milliers de mineurs artisanaux à travers un plan d’accompagnement sur deux ans.

Rompre la dépendance au cuivre
Cette mise en service marque une rupture structurelle majeure. Jusqu’à présent, l’économie zambienne était étouffée par sa dépendance exclusive au cuivre, qui représente à lui seul près de 70 % de ses revenus d’exportation. Bien que l’or ne constituait que 2 % des gains à l’exportation en 2024, Lusaka entend en faire un pilier de sa souveraineté économique et monétaire, notamment pour renforcer les réserves stratégiques de sa banque centrale.
Une dynamique panafricaine de souveraineté
La Zambie emboîte le pas à une tendance de fond qui secoue le continent. Du Burkina Faso à la Guinée Conakry, en passant par l’Éthiopie, l’Afrique affirme sa volonté d’exploiter et de raffiner ses ressources sur son propre sol, refusant de s’en tenir au simple rôle d’exportateur de minerais bruts.
À titre de comparaison, le voisin du Zimbabwe exporte en moyenne plus de 40 tonnes d’or par an atteignant même un record historique de 46,7 tonnes, générant plus de 4,6 milliards de dollars de revenus. Longtemps contraint de dépendre de structures étrangères pour l’affinage final et de subir d’importantes pertes liées aux circuits informels, le Zimbabwe s’efforce lui aussi de restructurer sa filière via sa propre entité Fidelity Gold Refinery.
Pour la Zambie, l’ère de l’exportation de minerais d’or bruts ou semi-transformés appartient désormais au passé. Avec cette nouvelle raffinerie, le pays conserve la valeur ajoutée sur son territoire, crée des emplois qualifiés et trace la voie vers une véritable indépendance industrielle.