Le 31 octobre 2026 restera gravé dans l’histoire de la libération économique du continent. Réunis à Abuja, les États africains ont acté la naissance officielle de la Banque Africaine de l’Énergie (BAE). Aux côtés d’institutions comme Afreximbank ou la BAD, ce nouvel instrument stratégique, doté d’un capital initial de 5 milliards de dollars, vient briser les chaînes de la dépendance financière extérieure.
Initié en mai 2022 par l’Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO), ce bouclier financier est l’aboutissement de quatre années de combats et de négociations diplomatiques intenses. Il s’agit d’une réponse directe, ferme et unie aux manquements structurels imposés par le retrait massif et coordonné des capitaux occidentaux.
Contrecarrer le « colonialisme vert »
Sous couvert de transition écologique, les banques et institutions financières internationales ont entrepris un véritable blocus sur le financement du gaz et du pétrole africains. Une hypocrisie flagrante, alors que ces mêmes puissances ont bâti leur richesse sur ces énergies et continuent d’en consommer massivement.
La BAE vient réparer cette injustice. Alors que plus de 600 millions de nos frères et sœurs croupissent encore dans l’obscurité énergétique, l’Afrique refuse de sacrifier son industrialisation et son développement sur l’autel d’un agenda dicté depuis l’extérieur.
Financer nous-mêmes notre développement
Désormais, de l’exploration des gisements jusqu’au raffinage et à la distribution, l’or noir et le gaz africains seront financés par des capitaux africains, pour le bénéfice exclusif des peuples africains. Sous la direction de l’Égyptien Helmy Ghazi, premier directeur général nommé lors de cette assemblée historique, l’institution s’attaque à un besoin d’investissement estimé à 200 milliards de dollars par an.
En refusant la fatalité de la dépendance, les 18 États membres de l’APPO de l’Angola au Nigeria, en passant par le Ghana et les pays de la zone CEMAC rappellent au monde une vérité fondamentale : les ressources de l’Afrique appartiennent à l’Afrique, et le continent dispose désormais de l’arme monétaire pour les valoriser.
La Banque Africaine de l’Énergie n’est pas seulement une institution financière ; c’est un acte de résistance, un manifeste pour un continent maître de son sous-sol, de son énergie et de son avenir.