En marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, le chef de la diplomatie algérienne, Ahmed Attaf, et son homologue burkinabè, Karamoko Jean-Marie Traoré, ont jeté les bases d’une nouvelle dynamique diplomatique. Ce rapprochement avec Ouagadougou confirme l’offensive de charme de l’Algérie envers les pays de la Confédération des États du Sahel (AES).
Les cartes géopolitiques se redistribuent à grande vitesse dans la région sahélo-saharienne. La rencontre bilatérale entre le ministre d’État algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, et le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean-Marie Traoré, marque une grande avancée et la concrétisation de la diplomatie algérienne dans l’espace confédéral. Elle concrétise la volonté d’Alger de consolider ses liens avec le Burkina Faso, emboîtant le pas aux dynamiques similaires déjà engagées avec le Mali et le Niger.

Au cœur des échanges : la relance des relations bilatérales et la gestion concertée des crises régionales. Les deux diplomates ont acté la création d’une feuille de route opérationnelle. Ce document stratégique intègre des mesures concrètes et des projets ciblés pour relever les défis sécuritaires et de développement qui secouent l’espace sahélien.
Le chef de la diplomatie burkinabè a particulièrement salué la participation active d’Ahmed Attaf à la réunion ministérielle de la Confédération des États du Sahel (AES). Ce geste fort est perçu par Ouagadougou comme un soutien politique majeur, ancré dans l’histoire commune et la proximité géographique.
Alger et l’AES : un repositionnement stratégique face aux tensions
Ce rapprochement avec le Burkina Faso s’inscrit dans une stratégie algérienne plus globale de réchauffement et de consolidation des relations avec les pays de l’AES. Alors que les relations avec Bamako et Niamey ont connu des périodes de fortes turbulences ces dernières années notamment autour de la gestion des accords d’Alger au Mali et des transitions militaires , Alger multiplie les signaux d’apaisement et de coopération fraternelle.
Face aux menaces sécuritaires multiformes qui pèsent sur la sous-région, l’Algérie choisit de se positionner comme un partenaire pivot, indispensable à la stabilité du bloc sahélien.
Souveraineté et tribune de l’ONU : le bouclier algérien
Rappelant la doctrine inflexible du président Abdelmadjid Tebboune, Ahmed Attaf a réaffirmé que le bon voisinage et la solidarité régionale restaient des engagements indéfectibles pour l’Algérie.
Dans l’arène de l’ONU, face aux pressions et aux condamnations internationales qui ciblent les régimes de l’AES, Alger a choisi de faire résonner la voix de la souveraineté africaine. Le ministre algérien a clamé un soutien total et sans ambiguïté à l’autodétermination des États du Sahel :
« L’Algérie respecte scrupuleusement le droit de ces pays à déterminer librement leurs propres voies nationales, à l’abri de toute ingérence extérieure », a martelé Ahmed Attaf à la tribune des Nations unies.
En se portant garant du respect de la souveraineté du Mali, du Niger et du Burkina Faso à l’ONU, l’Algérie espère non seulement sécuriser ses frontières, mais aussi s’imposer comme le défenseur naturel des transitions sahéliennes face aux puissances occidentales.