Une véritable onde de choc secoue les couloirs de l’administration malgache. Le mardi 20 octobre 2026, le colonel Michaël Randrianirina, président de la Refondation de la République de Madagascar, a mené une visite surprise particulièrement musclée à l’aéroport international d’Ivato. Devant les caméras, le chef de l’État a dénoncé le pillage systématique des ressources minières du pays, affirmant qu’environ 100 tonnes d’or s’évaporent illégalement de la Grande Île chaque année, principalement à destination de Dubaï.
« Les aéroports sont des passoires », a fustigé le leader . Excédé par la porosité des frontières et les soupçons de complicités internes au sein des services de renseignement et de sécurité aéroportuaire, le colonel a immédiatement ordonné une purge radicale. Toutes les équipes de la Douane et de la Police de l’air et des frontières (PAF) affectées à la plateforme d’Ivato ont été purement et simplement limogées et remplacées.
Une fuite de capitaux estimée à 10 milliards de dollars
Au-delà du coup de colère, cette intervention s’inscrit dans une logique de souveraineté économique. Selon les projections de la présidence, assainir la filière, imposer une traçabilité rigoureuse et centraliser les transactions via un guichet unique permettrait de rapatrier jusqu’à 10 milliards de dollars de devises. Une manne colossale qui, selon le colonel Randrianirina, suffirait à financer les infrastructures nationales et à affranchir Madagascar de sa dépendance chronique envers les bailleurs de fonds internationaux, à l’instar du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale.Le président de la Refondation a toutefois concédé que la lutte s’annonçait complexe. Dès que les mailles du filet se resserrent dans la capitale, les réseaux criminels adaptent leurs itinéraires, déplaçant leurs flux clandestins vers des frontières secondaires comme l’aéroport de Nosy Be ou les voies maritimes isolées.