
La Guinée a haussé le ton et a durci les conditions de visas à l’Union européenne. Face aux mesures restrictives adoptées le 10 juillet dernier par l’Union européenne sur le traitement des visas pour ses ressortissants , le gouvernement guinéen par la voie son Président le général Mahamadi Doumbouya a choisi la voie de la fermeté: fin des visas à entrées multiples pour les citoyens de l’UE, fin de l’impunité protocolaire, fin de miroir bureaucratique. Lors d’une confrontation diplomatique tendue menée ce vendredi 24 juillet à Conakry, le ministre des Affaires étrangères, Dr Morissanda Kouyaté, a asséné une réplique implacable aux ambassadeurs européens : la réciprocité.
Un bras de fer sur fond de politique migratoire
L’Union européenne pensait sans doute amortir le choc en qualifiant ses sanctions de simples « mesures restrictives temporaires » — justifiées par l’article 25 bis du Code des visas et motivées par la question des retours de sans-papiers. Allongement des délais, examen au compte-gouttes et suppression de facilités : Bruxelles a choisi de durcir le ton pour faire plier les autorités guinéennes.
Mais c’est compter sans la détermination de Conakry. Tout en affichant une façade de « coopération constructive », le chef de la diplomatie guinéenne a signifié à ses partenaires européens que la souveraineté nationale ne se négocie pas et que chaque entorse à l’équilibre partenarial trouvera désormais réponse équivalente.
Les trois coups de boutoir de la Guinée
Sans ciller, Dr Morissanda Kouyaté a abattu les cartes de la riposte en décrétant trois mesures d’application immédiate qui frappent directement les intérêts et le confort des ressortissants européens :
- Suppression des privilèges : Fin des visas à entrées multiples pour les citoyens de l’UE, complexifiant drastiquement leurs déplacements professionnels et personnels vers le territoire guinéen.
- Fin de l’impunité protocolaire : Les détenteurs de passeports diplomatiques et de service européens devront désormais s’acquitter des frais de traitement de dossiers, brisant un usage coutumier de courtoisie internationale.
- Miroir bureaucratique : Alignement strict sur la méthode européenne avec un allongement notable et assumé des délais de traitement des demandes de visas.
Une escalade sous haute tension
Par cette riposte sans concession, la Guinée envoie un signal fort à Bruxelles : le temps des diktats unilatéraux en matière migratoire est révolu. En appliquant la loi du talion diplomatique, Conakry rappelle que le partenariat euro-africain doit se conjuguer dans le strict respect mutuel, sous peine d’ouvrir une période de turbulences durables dans les relations consulaires entre les deux parties.