Devant l’Assemblée générale de l’ONU, le président iranien Massoud Pezeshkian a prononcé ce mardi 23 septembre 2026 un discours défensif , marquant sa première apparition dans cette enceinte internationale. En réponse directe aux menaces formulées la veille par Donald Trump, qui avait évoqué une possible « annihilation » de l’Iran, le dirigeant de la République islamique a affiché une fermeté absolue : « Nous ne baisserons jamais la tête ».


Le choc des images à la tribune
Dès l’ouverture de son allocution, le chef de l’État iranien a provoqué un tumulte dans l’hémicycle en brandissant des photographies poignantes de victimes civiles. Ces clichés exposaient les corps d’écoliers tués lors du bombardement de l’école primaire Shajareh Tayyebeh à Minab, survenu le 28 février dernier, au tout début du conflit armé déclenché par des frappes israélo américaines.
« Voyez-vous ces enfants ? Ils sont morts sous les bombes lancées avec des armes utilisées par les États-Unis et Israël », a lancé M. Pezeshkian, rejetant vigoureusement les accusations de terrorisme et de prolifération nucléaire formulées par Washington à l’encontre de Téhéran.

Le détroit d’Ormuz, ligne rouge de Téhéran
Au cœur de la confrontation géopolitique, la question du détroit d’Ormuz a occupé une place centrale dans le discours. L’Iran a averti qu’il ne tolérerait pas que cette voie maritime stratégique par laquelle transitait un cinquième des hydrocarbures mondiaux avant les hostilités soit employée pour étouffer l’économie iranienne ou orchestrer l’insécurité régionale.
« Nous voulons la paix avec nos voisins, mais nous ne pouvons pas permettre à certains d’accéder au détroit d’Ormuz pour nous agresser. Ils nous ont agressés et ont fourni des missiles contre nous. Nous n’accepterons pas cela », a martelé le président iranien, dénonçant un blocus maritime de ses côtes et l’usage de technologies létales par les forces américaines.
« L’Iran n’a jamais déclenché de guerre »
Dénonçant un deux poids, deux mesures de la communauté internationale face aux frappes et aux sanctions, Massoud Pezeshkian a axé une partie de sa plaidoirie sur l’iniquité des sanctions économiques qui pèsent sur la population civile iranienne :
« Les armes nucléaires se trouvent en Israël, mais c’est l’Iran qui fait l’objet de sanctions. C’est précisément ceux qui tuent des innocents. Israël tue et le monde ferme les yeux ; voilà ce que les États-Unis voulaient. Nous réclamons simplement les mêmes droits que les autres. L’Iran a retenu la leçon : un monde qui ne comprend que le langage de la force ne peut pas nous imposer sa loi. »
Poursuivant sa mise au point face à la pression militaire accrue de Washington et de l’État hébreu, le président a conclu sur le registre de la résistance nationale : « Je tiens à adresser un message à ceux qui nous ont agressés de façon mortelle : on ne peut pas contraindre l’Iran. L’Iran n’a jamais déclenché de guerre, elle nous a été imposée. On tente de nous forcer à capituler, mais nous défendrons notre terre jusqu’à notre dernier souffle. »