Le président de la Commission de l’Union africaine (CUA), S.E. Mahmoud Ali Youssouf, a exprimé sa profonde préoccupation face à la résurgence des tensions et à l’escalade militaire dans le nord de l’Éthiopie. L’UA exhorte l’ensemble des acteurs à faire preuve d’une retenue absolue pour éviter un embrasement de la région.
Les aéroports du Tigré sous contrôle du TPLF
La situation sur le terrain s’est fortement détériorée ces derniers jours. Le président de la CUA dénonce notamment la saisie et l’occupation stratégique des aéroports de Mekelle, Axum et Shire par le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF). Ces actions, doublées de la détention de personnel fédéral, ont entraîné une paralysie complète des services aériens civils dans la zone. L’UA s’inquiète également d’une intensification des combats dans le sud du Tigré et dans la région limitrophe de l’Afar.
L’Accord de Pretoria menacé par de nouvelles alliances
Pour la Commission, la formation récente de nouvelles alliances politiques et militaires fait peser un risque systémique sur la Corne de l’Afrique. Ce regain de tension menace d’inverser les acquis de l’initiative « Faire taire les armes » portée par l’organisation depuis 2020. L’UA rappelle avec fermeté que l’Accord de Pretoria, signé le 2 novembre 2022, reste la pierre angulaire de la paix en Éthiopie. L’occupation des infrastructures civiles par les forces tigréennes constitue une violation directe des engagements pris en Afrique du Sud.
Appel à la retenue et diplomatie d’urgence
Face au risque de déstabilisation régionale, Mahmoud Ali Youssouf lance un double appel : une cessation immédiate des hostilités par les parties en conflit, et une neutralité stricte des pays voisins pour ne pas alimenter le brasier. Pour désamorcer la crise, l’UA déploie sa diplomatie d’urgence. L’ancien président nigérian S.E. Olusegun Obasanjo, haut représentant de l’UA pour la Corne de l’Afrique, a été mandaté pour engager des discussions de toute urgence avec les belligérants et relancer le dialogue direct. 