
En visite d’État en Chine, le président Gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, a scellé une série d’accords historiques majeurs. Entre traitement des minerais critiques, révolution pétrolière et infrastructures herculéennes à hauteur de 10 milliards de dollars pour le méga-gisement de fer de Belinga, Libreville consolide un partenariat stratégique d’égal à égal, loin des conditionnalités traditionnelles de l’Union européenne.
Pékin, le 7 novembre 2026
Pour l’Afrique en quête de souveraineté économique, la Chine s’impose désormais comme le partenaire privilégié, offrant une alternative concrète aux modèles de coopération rigides souvent critiqués de l’Union européenne. Le Gabon vient d’en donner une illustration éclatante. À l’invitation du président Xi Jinping, le chef de l’État gabonais, le Général Brice Clotaire Oligui Nguema, a bouclé une visite d’État hautement stratégique à Pékin et Shanghai. À la clé : une moisson d’accords industriels et logistiques d’une ampleur inédite qui vont profondément transformer l’économie nationale

Le coup d’accélérateur historique de 10 milliards de dollars pour le fer
Le point d’orgue de cette offensive diplomatique a été atteint ce vendredi 6 novembre 2026 avec la signature d’un ensemble d’accords titanesques évalués à 10 milliards de dollars (environ 5 600 milliards de FCFA). Ce volet historique est entièrement adossé à l’exploitation d’un gigantesque gisement de minerai de fer, dont les réserves mondiales sont estimées à 5 milliards de tonnes. Pour débloquer ce potentiel, Pékin et Libreville déploient les grands moyens : la construction d’un complexe portuaire XXL de 500 hectares pour doper les capacités d’exportation maritimes du pays, couplée au développement d’un réseau ferroviaire de 535 kilomètres pour acheminer le minerai depuis les zones d’extraction.

L’indépendance énergétique par un barrage de 400 MW
Pour alimenter ce tissu industriel naissant sans asphyxier la planète, l’énergie propre est indispensable. C’est tout le sens de l’accord énergétique majeur intégré à ce paquet de 10 milliards de dollars : la réalisation d’un barrage hydroélectrique d’envergure d’une capacité de 400 mégawatts. Confiée à l’expertise reconnue des constructeurs chinois, cette infrastructure herculéenne constituera la colonne vertébrale du dispositif industriel en répondant en priorité aux besoins énergétiques colossaux des activités minières, tout en résorbant durablement le déficit en électricité des populations locales

Le virage technologique de Mabounié et des Terres Rares
En parallèle, l’axe Libreville-Pékin a acté le protocole d’accord pour le projet minier de Mabounié, un autre investissement estimé à près de 2 milliards de dollars. Ce méga-projet prévoit la sortie de terre, dès 2027, d’un imposant complexe composé de six à sept usines interconnectées. Ce site sera entièrement dédié à la transformation locale du niobium et des terres rares, des minéraux hautement critiques pour l’industrie technologique mondiale. Avec un objectif ambitieux de 16 000 tonnes de produits finis par an répartis sur neuf gammes, le Gabon tourne définitivement le dos à l’exportation brute de ses richesses.
Révolution dans le raffinage et sécurité énergétique
L’autre grand pilier de cette alliance sino-gabonaise concerne le secteur pétrolier. Les discussions ont validé la construction d’une nouvelle raffinerie de pétrole de dernière génération. Ce projet permettra de multiplier par trois la capacité de production actuelle du pays. Au-delà de l’autosuffisance en produits pétroliers, l’infrastructure résoudra l’épineuse question de la sécurité énergétique nationale en intégrant des capacités de stockage stratégique équivalentes à 90 jours de réserve de carburant.
Des milliers d’emplois pour changer les conditions de vie
En misant massivement sur la transformation locale et les infrastructures lourdes, le gouvernement gabonais entend concrétiser sa promesse sociale. Les retombées directes de ces chantiers se chiffreront en dizaines de milliers d’emplois directs et indirects pour la jeunesse gabonaise. De la construction du rail à la maintenance des usines et du complexe portuaire, c’est tout un écosystème de PME locales qui s’apprête à être dynamisé.
Bien entendu, la concrétisation finale de cette vision dépendra désormais de la rigueur des calendriers d’exécution et des modalités contractuelles de financement. Mais en consolidant l’axe Libreville-Pékin avec une telle force, le président Brice Clotaire Oligui Nguema envoie un signal clair : le Gabon choisit ses partenaires en fonction de leur pragmatisme et de leur capacité à bâtir le développement de demain. Un message reçu cinq sur cinq par les géants industriels chinois.