
Devant les délégations du continent, le chef de l’État russe a soutenu que ce modèle souverain de haute technologie, combinant devises traditionnelles et monnaies numériques, échapperait par nature aux sanctions et restrictions extérieures. « Personne ne pourra vous bloquer quoi que ce soit », a-t-il affirmé, qualifiant le système de technologiquement incensurable.
Pour appuyer cette offensive diplomatique et économique, le ministre russe des Finances, Anton Silouanov, a mis en avant la solution technologique A7. Développée en lien avec la banque d’État Promsvyazbank une institution sous sanctions occidentales spécialisée dans le financement de la défense , la plateforme promet des transactions transfrontalières instantanées assorties de frais réglementaires fixés à 0,3 %.

Une convergence stratégique avec l’agenda des BRICS
Cette offensive s’inscrit en droite ligne avec l’orientation géopolitique défendue par le bloc des BRICS, auquel appartiennent la Russie ainsi que plusieurs grandes économies du continent comme l’Afrique du Sud, l’Égypte et l’Éthiopie. Pour Moscou et ses alliés, l’objectif est de promouvoir un modèle de coopération basé sur une stricte égalité souveraine entre partenaires. En Afrique, où le poids des conditionnalités et des réformes structurelles imposées par le FMI suscite des réserves historiques croissantes, la promesse d’une architecture financière décentralisée trouve un écho particulier. L’accélération d’initiatives similaires, à l’instar du projet d’application BRICS Pay, témoigne d’une volonté partagée par le « Sud global » de bâtir des remparts institutionnels contre l’emprise des mécanismes traditionnels de Washington et de l’Europe.