
Le diplomate algérien Abdelaziz Rahabi, ancien ministre de la Communication et ex-ambassadeur de l’Algérie à Madrid, a fermement rejeté les demandes d’explications formulées par l’Union européenne concernant les récents mouvements militaires algériens au Niger.
Cette vive réaction fait suite aux déclarations faites le 30 octobre 2026 par Anouar El Anouni, porte-parole de la Commission européenne pour les affaires étrangères. Ce dernier avait indiqué lors d’un point de presse que Bruxelles suivait de près la situation et attendait « des éclaircissements sur la portée, l’objectif et la base juridique de ce déploiement » afin de garantir la stabilité régionale.
Une ingérence dénoncée par Alger
Dans une déclaration publique rapportée par les médias, notamment Tout sur l’Algérie (TSA)*, Abdelaziz Rahabi s’est interrogé : « De quel droit l’Union européenne demande-t-elle des éclaircissements ? ». L’ancien diplomate a contesté la légitimité de l’intervention de Bruxelles dans les affaires bilatérales de deux États souverains, dénonçant un ton d’« autorité tutélaire » dénué des réserves diplomatiques habituelles.
M. Rahabi a réfuté les lectures condescendantes de la situation en Afrique, rappelant que cette opération militaire répond à des accords de coopération stratégiques et énergétiques partagés, dûment validés par les institutions constitutionnelles algériennes. Il a conclu en avertissant que cette posture intrusive pourrait exposer l’UE à des demandes d’explications réciproques de la part d’Alger sur ses propres initiatives internationales.
Un déploiement historique et stratégique
Pour rappel, le Parlement algérien a approuvé à l’unanimité le 25 octobre 2026 l’envoi d’un contingent de l’Armée nationale populaire (ANP) au Niger. Il s’agit du premier déploiement opérationnel à l’étranger de l’armée algérienne depuis 1973.
Selon les rapports parlementaires, cette mission vise principalement à :
- Protéger les investissements industriels de la compagnie pétrolière nationale Sonatrach au Niger.
- Sécuriser les installations énergétiques transfrontalières, y compris le tracé du futur gazoduc transsaharien.
- Lutter contre la criminalité transfrontalière, le terrorisme et les trafics le long d’une frontière commune de 1 000 kilomètres, à la suite d’une demande formelle des autorités de Niamey.
Ce soutien militaire renforcé marque un tournant majeur dans la doctrine de non-intervention d’Alger, rendu possible par la réforme constitutionnelle algérienne de 2020.